


Le taux d’équipement des ménages wallons en outils d’information et de communication est stable à 67%. Les foyers dépourvus d’ordinateurs ne varie pas non plus, hélas, soit un tiers de la population. Les familles achètent du matériel récent, surtout des téléviseurs. Grande première, l’enquête annuelle de l’Agence wallonne des télécommunications a sondé les écoles wallonnes et bruxelloises.
En gros, les établissements attendent impatiemment de pouvoir disposer du matériel du Plan Cyberclasse. Confrontés à un manque de locaux spécifiques, les directeurs d’écoles suggèrent de répartir les ordinateurs dans les classes, ou de disposer d'ordinateurs portables. Ils espèrent aussi être aidés pour motiver les enseignants. L’idéal serait d’affecter du personnel pour la gestion technique des équipements et pour animer les classes. Généralement, dans les écoles disposant de personnes ressources TIC, celles-ci cumulent animation et suivi technique. L’affectation de personnel à ces tâches dépend des moyens budgétaires. Au niveau primaire surtout, souvent un membre du personnel enseignant, administratif ou logistique remplit la fonction personne ressource informatique en plus de ses occupations habituelles, et donc bénévolement. En 2008-2009, environ 3100 enseignants étaient concernés ce qui est dérisoire comparé aux 60.000 membres du corps professoral. Encore un chiffre : la Wallonie compte 8,5 ordinateurs pour 100 étudiants dans l'enseignement de plein exercice et moins de 25% de ces ordinateurs sont récents (âgés de moins de deux ans et demi). Peu de classes possèdent un tableau interactif.
En résumé, les écoles sont ouvertes à la pédagogie numérique, mais elles manquent de matériel et de personnel formé. Le refrain est connu. L’enquête de l’AWT reprend la chanson, personne ou presque ne semble l’écouter. A l’image des pays voisins comme la France ou les Pays-Bas, l'urgence s’impose de mener à terme les programmes d'équipement en cours et d'accompagner ceux-ci d'un plan de formation ambitieux et pragmatique.
Attrait du neuf
Les ménages sont mieux équipés et un peu plus formés sur le tas. 67% des Wallons ont un ordi généralement relié à une ligne à haut débit (ADSL). Ils achètent du matériel récent, les liaisons sans fils se portent bien. Un tiers des familles ont au moins deux machines. Globalement, les usagers sont satisfaits de leur connexion. Les plaintes les plus courantes portent sur la lenteur ou le débit insuffisant (60%) et la perte régulière de la connexion (42%).
Le renouvellement des équipements concernent surtout les téléviseurs à écran plat et les consoles de jeux de dernières générations. La baisse des prix et la perspective de la Coupe du monde de football ont encouragé une seconde percée dans les familles, malgré les turbulences financières. Si les ménages à faibles revenus font encore un effort pour la télé familiale ou la console du petit, ils calent sur l’ordinateur. Plus la vie est perçue vie comme difficile, plus le mirage informatique s’éloigne. Cependant, plus encore que le niveau de revenus, les facteurs socio-éducatifs semblent déterminants. Ainsi, les familles les plus vulnérables sont les moins bien équipées. Elles sont constituées de: femmes seules (64% non équipées), d’hommes seuls (45%), de couples sans enfant (37%), de mère ayant un enfant à charge (22%). Une majorité de foyers non équipés déclare ne pas avoir d'utilité, de besoin ou d'intérêt vis-à-vis de l'ordinateur. 18% considèrent cette technologie comme trop complexe, ne savent pas s'en servir et regrettent de n'avoir personne pour leur expliquer.
L’AWT insiste sur la nécessité d’épauler ces familles lâchées par la société numérique. L’Agence met également en garde contre le tout en ligne. "Si la disparition progressive du papier ou de certains services-guichets constitue un progrès évident des TIC, il faut se méfier d'un effet pervers qui aggraverait la vulnérabilité et la précarité d'une partie de la population wallonne. Il est important de continuer à proposer des moyens de communication non numériques pour éviter de fragiliser encore plus les non usagers d'Internet et les usagers en manque de compétences." Bravo pour cette lucidité rare.
Et le GSM, comment va-t-il ? Fort bien. 84% des Wallons possèdent un GSM, taux qui plafonne depuis quatre ans. Parmi ceux-ci, 2% le partagent avec les membres de leur ménage. Et 83% ont encore une ligne fixe. Un bon coup de fil vaut bien trois courriels incomplets.
L’enquête complète disponible sur www.awt.be.
P. Gilly
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