


Un millier d’éoliennes en plus dans les cieux belges, c’est la prévision de la fédération de l’énergie renouvelable à l’horizon 2020. Edora a établi une feuille de route pour indiquer aux gouvernements comment atteindre l’objectif de 13% d’énergie produite à partir de sources renouvelables. La fédération pense même que la Belgique est capable de dépasser l’objectif imposé par la Commission européenne et monter sa production renouvelable à 16-18%.
Le potentiel du seul éolien est énorme sur terre et en mer. A condition d’adapter le réseau électrique à la spécificité d’une production décentralisée et en garantissant une priorité d’accès à l’électricité verte, ce qui est loin d’être acquis. L’adhésion du citoyen à l’érection d’éoliennes dans son voisinage n’est pas évidente non plus. La désinformation règne et suscite la méfiance automatique des riverains concernés. "Ca fait du bruit, ça chasse les oiseaux, ça ne produit de l’électricité que par grand vent." Généralement, après une information sérieuse (ce qui n’est pas toujours le cas des promoteurs qui veulent passer en force), la population locale revoit sa position et devient même enthousiaste après quelques mois de fonctionnement. L’idéal serait de définir des zones favorables à l’implantation de moulins à vent et d’organiser une consultation systématique des habitants. Et à propos des canards qui courent dans le vent, sachez qu’une éolienne wallone tourne 80% du temps.
Actuellement, le sud du pays compte 145 unités réparties dans 31 parcs. Le vent souffle de l’électricité dans 175.000 familles. 89 éoliennes sont en cours de construction. Des petits projets à participation citoyenne fleurissent. Les pionniers sont les Vents d’Houyet. Ils ont montré la voie de coopératives qui réunissent le financement voulu aux côtés des communes et de l’Europe.
Edora prévoit aussi une explosion du solaire photovoltaïque. Le nouveau régime (wallon) d’aide à l’installation de panneaux permettant de produire de l’électricité avec la lumière du soleil est aussi intéressant que le défunt système de primes (voir le prochain Ligueur du 24 février). Les bâtiments d’entreprises, les grands magasins représentent un potentiel important.
L’avenir est à la collectivisation des primes. Les nouveaux lotissements, les immeubles à appartements pourraient prévoir une chaudière à bois (pellets) commune et distribuer la chaleur dans un mini réseau. La biomasse (bois, cultures énergétiques, déchets organiques et agricoles) constitue la principale source renouvelable pour l’énergie de chauffe. Une bonne partie de la biomasse devra probablement être importée.
Que ce soit la collectivisation des équipements ou le choix de sources d’importation, la conversion aux énergies renouvelables implique des choix de société et des changements de comportement. En 2020, la proportion d’électricité verte devrait s’élever à 27% en Belgique, la chaleur verte à 14% et les biocarburants 8% pour les transports. Ces 3 secteurs confondus, la biomasse serait la source énergétique la plus sollicitée (60%) devant l’énergie éolienne (24%) et solaire (8%).
Ce ne sont bien sûr que des prévisions, raisonnables et tenables si les autorités publiques donnent des signes clairs en faveur des énergies renouvelables.
P.G.
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