


Le lundi 1er février, une délégation belge composée du Délégué général aux droits de l’enfant, Bernard De Vos, de son homologue néerlandophone, Bruno Vanobbergen, d’Unicef Belgique, du Conseil de la Jeunesse ainsi que du Vlaamse Jeugdraad, de la Kinderrechtencoalitie Vlaanderen et de la Coordination des ONG pour les droits de l’enfant, dont la Ligue des familles est partie prenante, est allée défendre la cause des jeunes de Belgique auprès du Comité des Droits de l’enfant de l’ONU à Genève, chargé de faire des recommandations à l’Etat belge.
En effet, tous les cinq ans, les autorités belges sont tenues de présenter un rapport sur le respect de ces droits. La Belgique sera entendue à l’été 2010, mais auparavant, le Comité veut entendre la voix du terrain, celle des ombudsmans et des ONG, qui présentent un rapport dit "alternatif". D’une voix unanime, ils ont tiré la sonnette d’alarme autour de plusieurs axes prioritaires. Des thèmes déjà connus, mais encore d’actualité, comme la violence à l’encontre des mineurs nationaux et étrangers, la promotion de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant ou la participation des enfants. Mais l’accent a surtout été mis sur la précarité qui frappe certains enfants. Selon les données du rapport annuel sur la pauvreté et l’exclusion de 2009 réalisé par l’Université d’Anvers, 17% des enfants vivent chez nous sous le seuil de pauvreté, ce qui correspond au cinquième moins bon score en Europe. Et derrière chaque enfant fragilisé, ce sont des parents fragilisés qui devraient être davantage soutenus, qu’ils soient de familles monoparentales ou de familles nombreuses, qu’ils soient de très jeunes parents ou des parents immigrés.
Cette pauvreté rejaillit sur nombre de droits élémentaires des enfants. Celui de l’accès la santé : près de 30% des familles monoparentales et plus de 10% des couples avec enfants déclarent avoir dû postposer des soins de santé pour des raisons socio-économiques. Celui de la scolarité : c’est parmi les enfants vivant dans la pauvreté que l’on trouve la majorité de ceux qui échouent et qu’un tiers d’entre eux se retrouvent dans l’enseignement spécialisé alors qu’ils ont les compétences intellectuelles pour réussir. Celui de vivre en famille car nombre de placements en institution sont dus au manque de moyens des parents. Celui sur l’accès aux loisirs, aux sports et à la culture. Alors que l’actualité récente remet à l’ordre du jour des projets comme l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans, la délégation a également mis en avant plusieurs correctifs urgents à apporter en matière de justice des mineurs.
Nous y reviendrons plus spécifiquement dans Le Ligueur des parents du 17 mars. (M.T.)
Plus d'infos :
Délégué général aux droits de l’enfant : www.dgde.cfwb.be.
UNICEF Belgique : www.unicef.be.
CODE : www.lacode.be.
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