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Actualité du 03/02/2010

Pas de majorité pénale à 16 ans !

Pas de majorité pénale à 16 ans !

Le sentiment d’insécurité bruxelloise enflamme l’actualité de cette semaine, les médias traitent du recours plus fréquent aux armes à feu, de "zones de non-droit", certains n’hésitent plus à qualifier la capitale de "coupe-gorge". Des termes qui font froid dans le dos bourgeonnent, on parle maintenant de tolérance zéro, de réactualisation du snelrecht ("justice rapide"), et le bourgmestre d’Anderlecht clame sa volonté de "curer les points noirs de la délinquance". Sous le prétexte de l’inadéquation entre la justice et la délinquance, voilà qu’une idée apparaît comme la solution-miracle : abaisser la majorité pénale à 16 ans.  

Contacté par téléphone, Bernard De Vos, le délégué général aux droits de l’enfant, partage notre incompréhension et notre inquiétude, déplorant les récents amalgames et les effets d’annonces aux retombées désastreuses. Bernard De Vos est catégorique : il ne s’agit en aucun cas de nier les insatisfactions, ou de verser dans l’angélisme, mais prétendre solutionner le problème de la délinquance à Bruxelles en traitant des mineurs comme des adultes n’en demeure pas moins une absurdité (d’autant plus qu’une procédure de dessaisissement existe déjà à l’heure actuelle).
Comment croire que la répression peut porter plus de fruits que le travail en amont ? Abaisser l’âge de la majorité pénale équivaudrait à pénaliser des jeunes déjà précarisés. Or  la paupérisation des groupes sociaux défavorisés et le décrochage scolaire sont le chemin le plus sûr vers la délinquance.

De l’avis des professionnels du terrain, une constante se dégage : l’enfermement n’est pas une solution efficace, il est trop souvent synonyme d’école du crime, et les délinquants juvéniles s’exposent à une récidive toujours plus grave. Alors, quitte à changer la loi ou à injecter de nouveaux moyens financiers, pourquoi ne pas parier sur l’avenir, au lieu de s’entêter dans une voie sans issue ? Il est urgent de repenser les formes de prises en charge adaptées, de miser sur les peines alternatives, qui permettront peut-être de responsabiliser, ou d’au moins donner des objectifs à ces jeunes plutôt  que les stigmatiser… pour peu que ces mesures s’assortissent d’une politique sociale cohérente, à commencer par la revalorisation de la police de proximité. Un pari, avec toutes les incertitudes que cela comporte, mais notre jeunesse mérite qu’il soit tenu.

 


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