


Une première constatation saute aux yeux lorsqu’on compare les résultats de cette dernière enquête (*) à ceux de 2007 : le nombre de surfeurs augmente à tous les âges. Et ce sont les enfants de 11 ans qui sont les plus mordus : ils naviguent onze fois par semaine. Bizarrement, un an plus tard, la fréquentation du Web diminue considérablement. L’attrait de la nouveauté est probablement émoussé. La plupart du temps, c’est maman qui décide d’installer une connexion à Internet. Ensuite, les parents laissent souvent l’enfant livré à lui même pour découvrir les côtés clairs et obscurs du grand réseau.
Plus de sécurité
60% des parents n’imposent aucune règle au surf juvénile. Seulement 1 jeune sur 4 doit respecter certaines règles pour tchatter et à peine 1 sur 5 pour télécharger des sonneries ou des films. Heureusement, le contrôle parental est plus sévère chez les enfants de 10 ans. En effet, à cet âge, mieux vaut être accompagné pour apprivoiser Internet. Consolation : 75% des 10-17 ans surfent à la maison et affirment se sentir en sécurité en ligne. Comparé à 2007, le sentiment d'insécurité a diminué, sauf chez les 10 à 12 ans. Cela dit, de nombreux jeunes ont un comportement à risques. Ceux qui jouent en ligne ont des contacts avec des personnes inconnues. Chez les jeunes de 10 ans, le pourcentage atteint les 63%. 1 sur 4 tchatte également avec des inconnus.
Que font-ils?
Les activités les plus populaires en ligne sont le tchat (83% des ados s’y adonnent). Viennent ensuite la navigation sur la toile (74%), les jeux en ligne (68%), le téléchargement de la musique (63%), l'envoi de mails (62%), le partage des images et photos (62%). A partir de 14 ans, les jeunes participent également à des forums de discussion (58%).
Les autorités publiques ont facilité l’accès à Internet, sans trop songer à coupler l’équipement technique à une éducation aux nouveaux médias électroniques. Le constat est récurrent et ne suscite pas la moindre politique d’encadrement d’un e-pratique de plus en plus précoce des médias numériques. Un nombre croissant de jeunes et d'éducateurs doivent apprendre à gérer les risques liés aux usages les plus populaires d'utilisation d’Internet (tchatter, surfer, télécharger, ...). Les jeunes semblent sous-estimer ces risques et les éducateurs ne s'y connaissent pas assez. Le CRIOC demande notamment que les autorités publiques adaptent la législation. Pour l’association de défense des consommateurs, Internet est insuffisamment régulé et présente des risques pour les internautes juniors. Elle souhaite également que les autorités publiques continuent à encourager l'utilisation de TIC dans des endroits publics, des espaces de vie et l'enseignement et qu'elles stimulent le développement d'un contenu public adapté, libre de droits d'auteur et attrayant pour des jeunes.
Patrice Gilly
(*) Enquête du CRIOC auprès de 2600 jeunes de 10 à 17 ans en primaire et en secondaire dans le courant de février et mars 2009.
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