


A 2 ans d’intervalle, le CRIOC (Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs) constate que le GSM gagne encore du terrain chez les jeunes et que ceux-ci photographient et filment de plus en plus leur ordinaire. L’utilisation intensive du G fait des jeunes la cible privilégiée de la publicité et d’offres payantes intrusives.
Le texto reste l’application la plus sollicitée à raison d’une centaine par semaine à 15 ans. Les jeux sont appréciés. Les jeunes de 10 à 18 ans jouent environ 5 fois pas semaine. Près de 2/3 des enfants de 10 ans ont leur appareil ; à 12 ans, le taux d’équipement monte à 92%, le plus fort pourcentage européen. Ces chiffres sont en progression forte comparés à l’enquête de 2007, effectuée elle aussi parmi 2600 élèves de primaire et de secondaire.
Les parents financent essentiellement ce suréquipement. Le GSM est un cadeau apprécié. 3 jeunes sur 10 l’achètent eux-mêmes. A partir de 13 ans, les jeunes prennent leur autonomie sur le marché de la téléphonie. Cette indépendance est relative. Les parents paient régulièrement les cartes prépayées qui gardent les faveurs des jeunes. On note néanmoins une augmentation du nombre d’abonnements.
A part envoyer des textos, filmer et photographier, les juniors téléchargent des sonneries, des jeux et d’autres services. Ils téléphonent rarement . L’éventail infini des applications multimédias excitent leur curiosité surtout lorsque ces applications convergent vers Internet. Le GSM a acquis incontestablement un statut d’emblème de la génération Y. Celle-ci considère son G comme le prolongement d’elle-même, comme un moyen d’identification et de reconnaissance sociale. Montre-moi ton G, je te dirai qui tu es.
Pianissimo
Les ados, en pleine structuration identitaire, sont des proies faciles pour les marchands. Une majorité des jeunes utilisateurs reçoit des spams (pourriels) sous toutes les formes. Les textos non sollicités payants sont monnaie courante. Les jeux masquent des adhésions à des abonnements de longue durée difficiles à résilier.
Comme Internet, le GSM requiert un mode d’emploi parental. Si les enfants photographient et filment beaucoup, expliquons-leur qu’ils ne disposent pas d’un droit sur l’image d’autrui pour la transmettre à d’autres GSM ou la poster sur Internet sans l’autorisation des intéressés. Muni très tôt d’un appareil, l’enfant échappe vite au regard des parents. Il grandit, expérimente en dehors de tout contrôle. Raison de plus pour le mettre en garde contre les risques d’une utilisation inconsciente de ces petits bijoux technologiques. Un tiers des harceleurs par téléphone ne se rendent pas compte du tort causé, persuadés que c’est un jeu comme un autre. Ici comme ailleurs, les beaux engins nourrissent les convoitises. Inutile donc d’acheter des modèles coûteux convoités par des voleurs parfois très agressifs.
N’oublions pas non plus les méfaits sur la santé d’une utilisation intensive des téléphones à haute fréquence, d’autant que les corps des jeunes sont plus fragiles et donc plus exposés aux rayonnements électromagnétiques.
Outre ces recommandations que vous avez pu lire maintes fois dans nos colonnes, nous ajoutons celles du CRIOC, notamment en matière commerciale. L’association recommande la généralisation de l’identification des numéros de téléphone utilisés par des mineurs d’âge, de manière à limiter l’accès à certaines offres (p.ex. services payants, appels internationaux, SMS payants etc.)
En ce qui concerne l’accès à des services et applications bloqués, il conviendrait d’obliger les parents à rentrer une demande écrite et préalable pour disposer du mot de passe qui permettant d’activer un service.
Le CRIOC souhaite également l’interdiction de la publicité à des numéros de GSM enregistrés au nom d’un mineur d’âge.
Sachez enfin qu’en ca s d’abus, vous pouvez porter plainte auprès du médiateur de la télécommunication (http://www.mediateurtelecom.be/) et auprès de la commission éthique pour les télécommunications (www.telethicom.be).
P.G.
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