On le craignait, ils l'ont fait. L'école flamande Victor Horta d'Evere vient de mettre en place un système de récompense, destiné aux élèves qui arriveront à l'heure en classe du 3 février au 16 mars, soit pendant six semaines. Que recevront en cadeau ces nouveaux adeptes de la ponctualité ? Une entrée pour Walibi ! Il semblerait que l'école ne soit pas à son coup d'essai, et qu'elle avait déjà promis des places pour des matches de football aux élèves les plus disciplinés, à l'instar du lycée professionnel de Marseille dont nous vous parlions il y a quelques temps.
Heureusement, pourrait-on dire, l'enseignement de la Communauté française n'est pas concerné. La ministre de l'enseignement a déjà émis de vives réserves quant au procédé, estimant qu'un tel système de gratification est susceptible d'entraîner dérives et jalousie. On ne saurait lui donner tort.
Nous vous avions déjà parlé de la polémique autour des récompenses scolaires dans l'Actualité du 6 octobre dernier. Voici ce que Leligueur.be disait :
Absentéisme : une cagnotte comme carotte ?
Trois lycées professionnels de la région parisienne pensent avoir trouvé une parade contre l’absentéisme scolaire en organisant une cagnotte collective, qui augmente en fonction de l’assiduité des élèves. En fin d’année, la somme récoltée - d’un maximum de 10 000 €- est mise au service d’un projet, que ce soit un investissement dans du matériel pédagogique, des cours d’auto-école ou l’organisation d’activités extrascolaires.
Alors que les directions des établissements concernés se défendent de vouloir monnayer l’école et prétendent responsabiliser leurs élèves, de nombreuses voix s’élèvent pour clamer leur mécontentement. Profs, parents, syndicats et politiques critiquent vivement cette carotte brandie devant les nez des élèves, et se demandent bien où se cache le bâton ! La mesure, forcément inapplicable à l’échelle nationale, remet en cause les valeurs véhiculée par l’école sans émouvoir Luc Chastel, ministre de l’Education nationale. Celui-ci considère cette prime comme une simple expérience, en soulignant que tous les moyens sont bons pour enrayer l’absentéisme. La rémunération scolaire est d’ailleurs un phénomène apparu l’an dernier en Angleterre, et un lycée marseillais récompense déjà ses élèves méritants avec des places pour les matches de l’OM… De telles initiatives ne résoudront pourtant pas les problèmes de fond, de la mauvaise orientation au décrochage pur et simple, et adressent aux étudiants un message désastreux. Au nom de la guerre contre l’absentéisme et le décrochage scolaire, on finit donc par rémunérer les ados… pour remplir leur devoir d’étudiant ! Marchander l’assiduité des élèves, c’est accepter que la société de consommation dicte ses lois jusque dans les salles de classes ; espérons qu’une idée du même ordre ne franchisse jamais nos frontières !
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