
Ce 26 avril, nous commémorons un triste anniversaire : celui des 25 ans de la catastrophe de Tchernobyl. Que s’est-il passé ce jour-là ?
Commençons par situer Tchernobyl : cette ville se trouve en Ukraine (au Sud de la Biélorussie et de la Russie), à 100 km au nord de la capitale du pays, Kiev. A l’époque, l’Ukraine n’était pas un pays indépendant et appartenait encore à l’URSS, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Il y a 25 ans, Tchernobyl était une petite ville de 100 000 habitants qui tirait sa richesse de sa centrale nucléaire, située à 15 km de là. A 3km de la centrale, se trouve la cité de Pirpiat : c’est là que vivaient tous les ouvriers travaillant à la centrale.
Que s’est-il passé le 26 avril 1986 ? A 1h24, très précisément, a eu lieu la plus grave catastrophe nucléaire de l’histoire de l’humanité : la fusion d’un réacteur nucléaire. Cet accident a différentes causes : des erreurs humaines, mais aussi des installations anciennes dont la sécurité n’était pas suffisamment bien contrôlée. Durant la nuit du 25 au 26 avril 1986, cette explosion faisait sauter la protection du réacteur. Conséquence : un nuage radioactif s’est libéré dans l’air. Ce nuage couvrira presque toute l’Europe occidentale (de l’Ukraine à la France) en 8 jours à peine.
25 ans plus tard : les conséquences
La catastrophe de Tchernobyl a donc eu des conséquences dramatiques pour la santé des populations qui vivaient dans la région ainsi que sur l’environnement. Des milliers de personnes sont mortes suite à un cancer provoqué par les radiations (voir ci-dessous). Les femmes qui étaient enceintes ont souvent donné naissance à des bébés malformés. Des enfants de moins de 15 ans à l’époque ont développé un cancer de la thyroïde. Beaucoup d’adultes ont contracté une leucémie ou sont tombés gravement malades. Tandis que les nappes phréatiques (autrement dit, les eaux souterraines), mais aussi les forêts et les cultures (donc les fruits, les légumes) ont aussi été contaminés.
Aujourd’hui, il est toujours impossible de dire avec précision combien de victimes a fait la catastrophe. Une chose est certaine : Pripiat est une ville fantôme tandis que les alentours de Tchernobyl sont toujours déserts puisque des milliers d’habitants ont fui une région irradiée. Presque 100% des enfants de la région ne sont pas en bonne santé : ils sont plus souvent et plus longtemps malades et présentent plus de problèmes cardiaques qu’un enfant n’ayant pas souffert des radiations. Une autre difficulté est que cette région est pauvre, donc les gens mangent les légumes qu’ils plantent eux-mêmes dans leur potager. Malheureusement, les analyses montrent que ces légumes sont toujours irradiés, même 25 ans après. Tout autour de l’endroit de l’accident, une zone devrait être interdite d’accès durant des dizaines d’années encore.
Ce n’est qu’en l’an 2000 que le dernier réacteur nucléaire de Tchernobyl a cessé de fonctionner. Un sarcophage (soit une couche de béton) a été placé autour du réacteur accidenté afin de stopper les rayonnements. Mais, cette couche n’est pas étanche à 100% et laisse encore fuir des radiations. Pire encore, cet édifice de protection menace de s’effondrer et il va falloir en placer un nouveau, ce qui coûte beaucoup d’argent.
Fukushima, le fantôme de Tchernobyl
Jusqu’il y a peu, l’accident nucléaire de Tchernobyl était le seul classé au niveau 7 sur l’échelle internationale des événements nucléaires. Désormais, un autre incident s’y est ajouté : celui de la centrale de Fukushima, au Japon. Le 11 mars dernier, le Japon a été frappé par un tremblement de terre suivi d’un tsunami très violent. (Contrairement à Tchernobyl, cet accident a donc été, au départ, provoqué par une catastrophe naturelle.) La centrale nucléaire de la ville de Fukushima n’était pas préparée à un tel événement et a subi certains dommages. Très vite, on s’est rendu compte qu’il existait un risque de fusion nucléaire, c’est-à-dire un risque d’explosion similaire à celle qui s’est produite à Tchernobyl. Les réacteurs présentent des fuites, des éléments radioactifs s’échappent donc de la centrale. Difficile de dire aujourd’hui si la catastrophe de Fukushima est aussi grave que celle de Tchernobyl. Mais cet événement récent ainsi que l'anniversersaire de la catastrophe de Tchernobyl relancent la question de la sécurité des centrales ainsi que l’avenir de l’énergie du nucléaire…
Damien Roulette
Qu’est-ce que l’énergie atomique ?
Il s’agit d’un phénomène de désintégration de certains atomes comme l’uranium : ces atomes émettent alors un rayonnement et dégagent de l’énergie. Au début du 20e siècle, des chercheurs ont réussi à maîtriser cette désintégration des atomes. L’homme va alors pouvoir utiliser l’énergie contenue dans les atomes en les cassant : c’est ce que l’on appelle l’énergie de fission. Cette énergie utilisée dans les bombes atomiques ainsi que dans les centrales nucléaires. Lorsqu’elle est parfaitement maîtrisée, cette énergie permet de fournir de l’électricité à grande échelle.
Le problème est que ces atomes sont très instables. A cause de cela, la plus petite erreur de manipulation au sein d’une centrale peut mener à la catastrophe. Si, comme à Tchernobyl, des éléments radioactifs sont relâchés l’air, les humains (et l’ensemble des êtres vivants tels que les animaux, les plantes…) sont en danger : on dit aussi qu’ils sont irradiés. Autre problème : la radioactivité ne s’envole pas du jour au lendemain, elle reste présente dans les éléments qu’elle contamine pendant des milliers d’années.






