
Depuis le 19 mars, des avions de la coalition bombardent la Libye. Cette intervention militaire pose de nombreuses questions. Tentons d'y voir un peu plus clair...
Depuis quelques semaines, la Libye fait face à une guerre. D’un côté, les hommes qui soutiennent Mouammar Kadhafi, l’homme au pouvoir depuis plus de 40 ans. Et de l’autre, les rebelles qui ont pris les armes et veulent que cet homme quitte le pouvoir. L’armée libyenne n’a pas hésité à envoyer des bombes sur les habitants, donc à massacrer sa propre population. Face à cette situation, une série de questions se posait : d’autres pays devaient-ils intervenir pour empêcher ces massacres ? Et si oui, comment fallait-il s’y prendre ?
L’ingérence : c’est quoi ?
Ces questions se résument en un mot, compliqué à comprendre : ingérence. Mais de quoi s’agit-il ? Faire de l’ingérence, c’est se mêler d’affaires qui ne nous regardent pas, intervenir dans une situation qui ne nous appartient pas. Il existe plusieurs types d’ingérence. L’ingérence militaire : imaginons que l’armée belge intervienne en France, sans l’accord des autorités françaises. L’ingérence humanitaire : par exemple, si la Belgique envoyait des infirmières, des docteurs,… dans un pays sans l’accord de celui-ci. Et enfin, l’ingérence politique : dans le cas où un président essaye de dicter les lois à mettre en place dans un autre pays que le sien. Se mêler ainsi des affaires d’autres pays est interdit et ce, peu importe les raisons. En effet, il existe des lois internationales que chaque pays se doit respecter.
Le conflit qui secoue la Libye depuis quelques semaines était un conflit intérieur : les combats ne concernaient que la Libye. Par contre, s'il y avait eu un conflit ouvert (c’est-à-dire entre deux ou plusieurs pays différents), une intervention internationale n’aurait pas été qualifiée d’ingérence. Encore un peu de théorie à propos de cette notion d’ingérence : il faut toujours favoriser les discussions pacifiques. Ces discussions doivent permettre de trouver une issue sans violence, sans intervention au conflit.
Le feu vert de l’ONU
Revenons à la Libye : le 17 mars derniers, l’Organisation des Nations Unies (ONU, en bref) a décidé d’intervenir. Ses membres ont voté deux textes que l’on appelle des résolutions. Rappelons que l’ONU est une organisation qui rassemble presque tous les pays du monde et qui travaille pour la paix dans le monde. Dans le cas de la Libye, on parle donc d’ingérence humanitaire : ici, le but est d’empêcher l’armée libyenne de tuer sa propre population.
Deux jours plus tard, le 19 mars, l’intervention des Nations Unies a donc débuté. Maintenant, la question est de savoir jusqu’où cela ira ? En principe, le but de cette intervention est d’empêcher les massacres, donc de protéger la population. Et non, de faire partir le colonel Mouammar Kadhafi du pouvoir. Depuis le 19 mars, des bombardements ont donc lieu au-dessus de la Libye : les avions de la coalition (c’est ainsi que l’on appelle le groupe de pays qui interviennent là-bas) bombardent les lieux importants pour l’armée libyenne comme les casernes, les réserves d’armes… Si ces lieux sont détruits, l’armée libyenne ne pourra plus intervenir aussi facilement.
Certes, cette intervention a pour but de défendre la population libyenne, donc de sauver des vies. Malgré tout, cet événement qui est une grande première pour l’ONU pose bien des questions, dont les réponses sont difficiles à donner. Ainsi, pourquoi intervient-on en Libye et pourquoi pas, aussi, dans d’autres pays du monde où la population est en danger ? Ou encore, à l’avenir, le risque n’est-il pas grand que ce genre d’intervention soit de plus en plus fréquent ? Autre question que l’on peut se poser : les pays qui interviennent en Libye pour sauver la population ne risquent-ils pas, ensuite, de vouloir changer la politique de la Libye ? Cette dernière question dérange tout particulièrement les autres pays arabes et africains : ils ne veulent pas trop que les pays occidentaux se mêlent de leurs histoires.
Quels sont les enjeux ?
Toujours à propos de l’ingérence, l’idée suivante est aussi importante à comprendre : souvent, certains enjeux se cachent derrière des interventions d’ingérence. Il s’agit d’enjeux économiques ou politiques. Dans le passé, il est arrivé plusieurs fois que les Etats-Unis notamment interviennent dans un pays pour tenter de faire fuir le dirigeant en place. Soyons clair : le but était de placer au pouvoir un dirigeant qui s’entende bien avec les Etats-Unis, avec qui il pourrait faire du commerce, donc des affaires. Avec la Libye, un enjeu important est très souvent cité : le pétrole. Lorsqu’un tel enjeu existe, le risque est grand que l’intervention humanitaire, pour venir en aide à la population, ne soit qu’un prétexte. En d’autres mots, que cette raison ne soit pas la vraie, mais qu’elle en cache une autre.
Comment la situation va-t-elle évoluer en Libye ? L’intervention de la coalition sera-t-elle brève ou plus longue ? Difficile de répondre à ces questions pour l’instant. Une chose est certaine : pendant ce temps, d’autres pays arabes (Syrie, Yémen, Bahreïn… ) continuent à bouger. Plus que jamais, la situation est donc très instable dans cette région du globe…
Damier Roulette






