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Les éléments naturels se déchainent : des milliers de morts au Japon

Cinq jours après avoir été frappé par le pire séisme de son histoire, le Japon lutte sur tous les fronts. Les enjeux : éviter une catastrophe nucléaire majeure et porter secours aux centaines de milliers de personnes ayant tout perdu.

 Quand vendredi matin la terre a tremblé au Japon, il était impossible de ne pas repenser au drame d’Haïti, il y a un peu plus d’un an. Pourtant la comparaison entre ces deux événements n’a pas lieu d’être. Car si le tremblement de terre d’Haïti avait fait près de 250 000 morts, le bilan provisoire du tremblement de terre s’étant abattu sur le Nord-est du Japon serait de 10 000 morts.

De plus, ce chiffre important a été provoqué essentiellement par le tsunami qui a suivi et non par le tremblement de terre en lui-même. Malgré une magnitude bien plus élevée que celle mesurée lors du séisme en Haïti (évaluée entre 7 et 7.3 sur l’échelle de Richter), le Japon a donc bien mieux résisté aux déchainements de la nature. Un constat sans surprise quand on sait que le Japon est le pays le mieux armé au monde pour résister aux tremblements de terre.

Pourquoi le Japon est-il si bien protégé ?

Le Japon et Haïti figurent tous les deux parmi un ensemble appelé la ceinture de feu. Un nom qui n’a rien d’anodin : les pays qui en font partie sont les plus exposés aux séismes. La raison ? Ils sont tous situés à la limite des plaques tectoniques, autrement dit ces énormes plaques qui forment l'enveloppe solide de la Terre. Celles-ci coulissent l’une contre l’autre et favorisent la formation de tremblements de terre.

Le Japon à la malchance d’être situé au croisement de quatre plaques tectoniques, il est donc le pays le plus exposé aux séismes. Vivre au Japon, c’est vivre avec le risque permanent de voir la terre trembler. Heureusement, le Japon est un des pays les plus prospères économiquement au monde et a donc les moyens de se protéger des catastrophes naturelles.

A l’inverse, Haïti est un des Etats les plus pauvres du monde. Une différence importante qui explique qu’aujourd’hui le Japon a pu tirer les conséquences du tremblement de terre survenu à Kobe, une des grandes villes japonaises, en 1995 en s’équipant de bâtiments antisismiques (conçus pour résister aux séismes), alors qu’Haïti ne se relèvera jamais totalement du tremblement de terre qui l’a touché le 12 janvier 2010.

Néanmoins, les Japonais n’auraient jamais pu prévoir ce qui s’est passé ce vendredi 11 mars : le plus gros séisme de leur histoire a été suivi de plus de 300 répliques et a vu la formation d’un tsunami destructeur. Formé à quelques centaines de km des côtes japonaises et se déplaçant à plus de 800 km/h, ce raz-de-marée n'a mis que quelques minutes pour venir percuter les côtes pacifiques du Japon. C’est une vague ravageuse de près de 10 mètres qui a tout avalé sur son passage. Les vidéos disponibles sur Internet montrent la violence avec laquelle nos moyens de locomotions traditionnels sont transformés en simples jouets quand les éléments naturels se déchaînent.

La crainte d’un Tchernobyl 2 

Ce lundi 14 mars, alors que l’on pensait le plus dur derrière les Japonais, une explosion dans une des centrales nucléaires japonaises, située à Fukushima (240 km au Nord-est de Tokyo), a eu lieu. L’explosion paralyse les Japonais, tant la crainte de revivre une catastrophe nucléaire de l’importance de celle de Tchernobyl, une ville située en Ukraine est forte. Aujourd’hui encore, vingt-cinq ans après la catastrophe ukrainienne, des relents radioactifs se ressentent aux abords de la centrale.

Si les conséquences devraient être moins graves qu’il y a vingt-cinq ans, les militants qui se battent depuis des années pour la suppression du nucléaire ont là une belle occasion de se faire entendre. En Belgique, la sortie partielle du nucléaire a été prévue pour 2015. Cette décision avait pour but de fermer les trois plus vielles centrales actives en Belgique et de faire un premier pas vers la fin totale de la production d'électricité par le nucléaire. Si beaucoup d’hommes politiques étaient d’accord pour prolonger la vie de ces trois centrales nucléaires au-delà de 2015, les événements japonais pourraient avoir le mérite de préserver l’engagement pris en 1999. Les prochains jours pourraient nous apporter quelques réponses…

Martin Grimberghs

 
 

 

 

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