Le Ligueur et mon bébé Les petites annonces La Ligue des familles Partenaires

Actualité des jeunes

12 juin: Journée mondiale contre le travail des enfants

Dans le monde, près de 220 millions d'enfants travaillent. Certains aident leurs parents dans les champs ou gardent le troupeau… et n'ont donc pas l'occasion d'aller à l'école, de jouer... Mais beaucoup font surtout des travaux dangereux pour leur santé, leur sécurité ou encore leur vie. Par exemple : travailler dans une mine, fabriquer des briques, casser des piles usagées, travailler comme un esclave dans une famille, être obligé d'avoir des relations sexuelles avec un adulte…

 

C'est pour supprimer ces pires formes du travail des enfants qu'un texte a été signé il y a dix ans. C'était un 12 juin. À l'occasion de cette date, devenue journée mondiale contre le travail des enfants, allons voir ce qui se passe dans un des pays les plus pauvres au monde : le Laos.
 
Reportage
 
Le Laos se trouve en Asie du Sud-Est et est entouré par la Birmanie, la République populaire de Chine, le Viêt-nam, le Cambodge et la Thaïlande. Ce pays qui a connu de nombreux conflits armés est peuplé de 5,76 millions d’habitants dont 2,68 millions d’enfants. Il est aussi considéré comme un des pays les plus pauvres au monde. Selon l'UNICEF, près de 3 habitants sur 4 vivent avec moins de deux euros par jour. Cette pauvreté touche particulièrement les campagnes, les femmes et les groupes de population les moins nombreux, soit ce qu'on appelle les minorités éthniques. Conséquences de cette situation : les jeunes quittent les campagnes pour trouver du travail en ville ou dans un pays voisin. Ceux qui vont à Vientiane, la capitale du Laos, se retrouvent très vite dans la rue. Être dans la rue, signifie courir beaucoup de dangers, risquer d'être exploité… Ainsi, il n’est pas rare de voir des jeunes travailler dans une décharge publique au milieu de la crasse et des poubelles où l’odeur est insupportable. Dans cet endroit, des jeunes enfants essayent de récupérer du plastique qu’ils revendront pour quelques centimes. Beaucoup rêvent aussi de rejoindre le riche voisin thaïlandais pour y trouver de meilleures conditions de vie. Des gens malhonnêtes leur font croire que le travail est facile là-bas et que tout se passera bien. Or, c'est tout le contraire qui arrive. Ainsi, de nombreuses jeunes filles laotiennes, c'est ainsi qu'on appelle les habitants du Laos, deviennent des espèces d'esclaves dans les usines thaïlandaises. Deux jeunes filles ont accepté de  raconter à Actu Jeune leur histoire.
.
Esclavage

Sung vit dans la province de Savannakhet -  la plus peuplée du pays - à environ 500 km de Vientiane. Plus précisément à Xok, un petit village de 5.000 fermiers et cultivateurs. D'après le chef du village, environ 400 personnes, dont 80% de filles ont quitté Xok ces dernières années. Sung avait 13 ans quand une dame est venue dans le village pour lui proposer du travail en Thaïlande : "Mes parents m’ont laissé partir à Bangkok pour ce travail qui devait nous permettre de mieux vivre. Un bateau était prêt et avec d’autres filles nous avons traversé le fleuve de nuit. Je me suis retrouvé en Thaïlande avec des filles venues de Birmanie pour travailler dans une usine de vêtement. Je devais coudre des décorations sur des jeans et des T-shirt. Nous travaillions de nombreuses heures et parfois même la nuit. Si nous n’allions pas assez vite on nous battait avec un bâton". Sung a plein de cicatrices sur les mains et les bras. Elle les gardera toute sa vie. Quelques mois après ces mauvais traitements, la police thaïlandaise l'a libérée. Aujourd’hui, Sung cultive une parcelle de terre avec ses parents et s’occupe de son enfant âgé de 2 ans. Pour lui, elle va essayer de tout faire pour qu'il puisse grandir correctement au Laos et éviter ce qu’elle-même à vécu.
 
Filles à tout faire

Peng, elle, vit à Naxeng, toujours dans la province de Savannakhet. Son histoire, débute de la même manière que celle de Sung et ressemble à celles de centaines de milliers de filles laotiennes. Une femme étrangère débarque au village et lui propose un travail de serveuse en Thaïlande. Elle lui dit qu'elle pourra gagner plus de 250 euros par mois. Pour Peng, dont la famille est pauvre, c'est une somme importante. Elle ne pourrait pas gagner la même chose en restant au Laos. Toutefois, son père n'a pas confiance dans la dame et tentera d'empêcher sa fille de partir. Mais Peng qui veut gagner de l'argent s'enfuit, une nuit, sans rien dire à ses parents.  Elle aussi prend un bateau avec des filles venues d'autres coins du Laos et de pays voisins.  Direction: un bar situé à une centaine de km au nord de Bangkok. Et là, son travail ne consistait pas seulement à servir: "Je travaillais presque 20 heures par jour. Je devais tout faire: le bar, serveuse, femme de ménage… Je suis parvenue à prévenir mon père par téléphone. Il a menacé d’appeler la police. De peur, le propriétaire m’a renvoyée chez la personne qui m’avait proposée ce travail et où se trouvaient d’autres filles. Quelques jours plus tard la police thaïlandaise nous a délivrées", raconte-t-elle. Avant de rentrer au Laos, l'adolescente passera plusieurs mois dans un centre en Thaïlande qui aide les jeunes victimes de trafic. Ils essayent d'oublier ce qu'ils ont vécu et peuvent se former à différents métiers. Peng a appris à tisser. Aujourd'hui, elle est de retour dans sa famille qui vit dans une cabane en bois au milieu de champs de riz.  Elle espère un meilleur avenir chez elle et répète que même pour des milliers de dollars elle ne partirait plus.
Bombes

Le 3 décembre 2008, un texte important a été signé à Oslo en Norvège. Un texte qui interdit l’utilisation des bombes à sous munitions. Qu'est-ce que c'est? Une bombe à sous munitions est une grosse bombe qui contient plusieurs centaines de petites bombes. Avant de toucher le sol, la grosse bombe lâche les petites qui explosent un peu partout. Selon l’Unicef et Handicap International, de 5 à 30% des petites bombes n’explosent pas lorsqu'elles touchent le sol. Lors de la guerre du Viêt-nam (un conflit qui opposa les Américains aux Vietnamiens dans les années 60 et 70), plus de 2 millions de tonnes de bombes ont été larguées sur le Laos voisin. Particulièrement dans la région de Savannakhet où nous avons rencontré Sung et Peng. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui encore, il est encore dangereux de se promener dans cette région. De plus, à cause de la pauvreté, la population cherche du métal pour le vendre. Un kilo est payé 1500 kips (c'est la monnaie laotienne), soit 0,30 euros! Selon l'UNICEF, plus de 45 % des chercheurs de métal sont des enfants de moins de 18 ans. Les accidents sont fréquents, car en creusant pour récupérer du métal, les petites bombes peuvent  exploser et donc blesser, voire tuer. L'autre grand danger des bombes, c’est qu'elles attirent les enfants… parce qu'elles ressemblent à des balles de tennis! La journée du 12 juin est donc l'occasion de rappeler cette réalité et aussi de continuer à se battre pour que les enfants qui sont obligés de travailler puissent le faire dans des conditions moins difficiles et dangereuses pour leur santé, leur vie.
 
Bruno Brioni
 
En savoir + : différentes associations dans le monde essayent d'aider les enfants travailleurs. Certaines proposent des dossiers pédagogiques sur le travail des enfants… Jetez un œil sur leurs sites: www.handicapinternational.be -  www.unicef.bewww.friends-international.org (en anglais)

(Copyright photo : Bruno Brioni)

 

 

Autres actualités des jeunes

 

 

Haute Ecole de la Province de Namur
 Collège de Godinne-Burnot
Les choix du ligueur
Concours de la semaine
Les favoris du ligueur
Donnez-nous votre avis...


Copyright © 2002-2012 Ligue des Familles | Droits d'utilisation | Politique de confidentialité | Site réalisé par Create2.be