
Pas de Saint-Nicolas et de fêtes de fin d'année sans chocolat ! L'occasion pour nous de s'intéresser à l'histoire et à la fabrication de cette friandise...
Avant le 16e siècle, les Européens ne connaissaient pas le chocolat. Eh oui, "l’arbre à chocolat" ou cacaoyer ne pousse pas dans nos régions trop froides mais bien en Amérique centrale et du sud, en Asie du sud-est et plus encore, en Afrique de l’ouest. Le fruit de cet arbrisseau, appelé cabosse, contient les fèves de cacao utilisées pour la fabrication du chocolat
Merci Moctezuma !
Heureusement pour nos palais, en 1519, après les expéditions de Christophe Colomb et la découverte de l’Amérique, un autre conquistador, Cortès, débarque au Mexique actuel. L’empereur maya, Moctezuma, le prend pour un dieu et lui offre du "xocoatl", c’est-à-dire du cacao. Pour les Indiens, c’est une denrée précieuse, épicée, trop amère pour plaire aux Européens.
Plus tard au 16e siècle toujours, d’autres Européens s’installent au Mexique. Ils cultivent des cacaoyers et des cannes à sucre. Et voilà que par hasard, en faisant la cuisine, des religieuses découvrent qu’il suffit d’ajouter du sucre au cacao pour obtenir une boisson délicieuse. Le cacao arrive enfin en Europe, comme produit de luxe. Il faudra quelque temps encore avant qu’il soit couramment consommé, transformé en chocolat. Pour fabriquer celui-ci, les fèves du cacaoyer doivent fermenter, être torréfiées puis broyées pour donner une pâte lisse dont on extrait le beurre de cacao. Le chocolat est un mélange de pâte, de beurre de cacao et de sucre, dans des proportions variées. Il est plus ou moins au lait, à croquer, à 45, 50, 70 ou même 90 % de cacao. On y ajoute, au choix, de la vanille, de la noisette, du praliné, de l’orange… On l’utilise aussi dans la fabrication de très nombreuses friandises, gâteaux, biscuits…
Aujourd’hui, le chocolat se vend partout dans le monde et les Belges sont d’importants consommateurs. Jugez plutôt : en moyenne, un Belge mange environ 7 kilos de chocolat par an. Un Suisse en avale, lui, 11 kilos environ par an.
Le cacao de l’esclavage
Si le chocolat se vend partout dans le monde, tout le monde n’a pas la chance d’en manger. Par exemple, dans le plus grand pays producteur de cacao - la Côte d’Ivoire - la population consomme très peu de chocolat. Pire, ce sont souvent des enfants qui coupent les cabosses et recueillent les fèves de cacao dans d’affreuses conditions.
Selon les Magasins du monde-Oxfam, plus de 100 000 enfants travailleraient dans les plantations de cacao de l’Afrique de l’Ouest, principalement en Côte d’Ivoire et au Ghana. Leur travail est pénible, difficile et dangereux : les enfants utilisent des pesticides sans aucune protection, manient des machettes coupantes, transportent de lourdes charges. Pire encore : des enfants du Mali et du Burkina Faso sont enlevés chez eux et vendus en Côte d’Ivoire à des planteurs de cacaoyers qui les exploitent. Privés de leur famille pour certains, privés d’école pour tous, privés d’une vraie vie d’enfant, ils sont de véritables esclaves : l’esclavage des enfants, c’est dégoûtant, comme le soulignent les Magasins du Monde-Oxfam dans une de leurs dernières campagnes.
Acheter "équitable"
Pas facile pour nous d’aider ces enfants-là. Mais nous pouvons acheter du chocolat "équitable", du chocolat dont on est certain qu’il est fabriqué avec les fèves des cabosses coupées par des personnes correctement traitées, considérées, payées et non pas par des enfants maltraités. On reconnaît ces produits grâce à l’inscription "fair trade", imprimée sur leur emballage. On les trouve dans les Magasins du monde mais aussi, sous d’autres marques, de plus en plus souvent, dans de nombreuses grandes surfaces et petits magasins.
Thérèse Jeunejean
(Mis en ligne le 3 décembre)
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