
Aujourd’hui encore, partout dans le monde et même en Belgique, des millions de personnes ne savent ni lire, ni écrire. Ce phénomène touche principalement les femmes. En effet, sur 774 millions d’adultes qui ne savent ni lire, ni écrire, 516 millions sont des femmes.
En Belgique, il est difficile de donner un chiffre précis mais environ un adulte sur dix en Communauté Française, c’est-à-dire en Wallonie et à Bruxelles, serait analphabète. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire ce chiffre ne concerne pas uniquement les étrangers.
Difficultés
Il est compliqué de définir le mot analphabétisme. En effet, de nombreuses définitions existent et les spécialistes ne sont pas tous d’accord. Pour plus de facilité, nous parlerons d’une personne analphabète comme d’une personne ne sachant ni lire, ni écrire. Ne pas savoir lire et écrire pose des problèmes dans la vie de tous les jours. En effet, comment aider son enfant à faire ses devoirs? Ou encore, comment trouver son chemin sur un plan de métro? Pas facile non plus de comprendre une facture de téléphone ou encore de remplir un papier pour la commune.
Pour une personne analphabète, il est difficile d’avoir des rêves et des projets d’avenir. Impossible, par exemple, de réserver un billet d’avion sur Internet ou de devenir pilote ou infirmière. Même trouver du travail n'est pas facile. , une association qui organise des cours pour les analphabètes, a écrit un petit guide sur l’analphabétisme. Ce dernier explique qu’en 2008, seulement 7% des personnes ayant décidées de suivre une formation d’alphabétisation avaient un emploi.
Causes
Les personnes touchées par ce problème appartiennent à des milieux différents, autrement dit à différents groupes de la société. Les causes, elles aussi, sont multiples. Les deux principales sont le manque d’éducation et la pauvreté. Ainsi, comme on l'a vu plus haut, même en Belgique où l’école est obligatoire, il y a des analphabètes. Pourquoi? Certains ont été à l’école mais l’ont terminée sans vraiment savoir lire et écrire. D'autres ont obtenu le Certificat d’Étude de Base (le CEB), soit ce certificat délivré à la fin des primaires, mais au fil des années, ils ont perdu la capacité de lire ou d’écrire. Certaines personnes ont eu davantage de difficultés à l’école parce qu'elles ont souvent été malades. D'autres vivaient des problèmes à la maison… Elles étaient donc régulièrement absentes et souvent en échec. Elles ont redoublé de nombreuses fois et ont fini par abandonner les bancs de l’école. Enfin, d’autres, d’origine étrangère, n’ont souvent pas eu la possibilité de suivre l'enseignement dans leur pays ou ont appris une langue et une écriture différente.
Dans d’autres pays du monde, notamment du Sud, il n'y a pas suffisamment d'écoles, les établissements se situent à des kilomètres de la maison, les professeurs sont peu nombreux, il n'y a pas de matériel (bancs, tableau, livres, etc.), les classes trop surpeuplées… Ainsi, au Mali par exemple, les classes de 75 élèves ne sont pas rares. Pour le dire autrement, dans beaucoup de pays, c'est à cause de la pauvreté que les écoles manquent, que les enseignants ne sont pas payés correctement, que les enfants ne peuvent pas avoir une éducation de qualité, etc. Dans d'autres pays encore, ce sont la guerre, la faim ou encore les catastrophes naturelles (inondations, tremblement de terre…) qui empêchent les enfants d'apprendre à lire et à calculer. Pour certains parents, l’école n'est pas importante. D'autres trop pauvres pour envoyer tous leurs enfants à l'école, favorisent les garçons. D'autres encore sont obligés de les faire travailler pour nourrir la famille... Enfin, les traditions jouent également un rôle. Ainsi, dans certaines sociétés, les filles sont mariées très jeunes. On leur apprend essentiellement les tâches ménagères et à s’occuper de leur futur mari et enfants.
Mal-être
Les personnes analphabètes souffrent de leur situation. Notamment, parce qu'une personne ne sachant ni lire ni écrire aura toujours besoin de l’aide d’autrui pour connaître, par exemple, l’horaire des trains, le nom d’une rue, etc. Cette incapacité est vécue comme une honte. Ces personnes avouent difficilement leur problème et se replient sur elles-mêmes. Pas facile non plus pour elles de s'informer correctement, de défendre leurs droits et leurs idées, de participer à une discussion, à des initiatives… Au travail, les analphabètes occupent souvent des postes peu intéressants, mal payés et courent davantage de risques d’être licenciés.
Journée
C'est pour attirer l'attention sur ce problème et les difficultés qu'il entraîne que chaque année, une journée est organisée dans le monde entier. Le but de ce 8 septembre est également d'inciter, donc de pousser les responsables politiques à accorder davantage de moyens à l’éducation et à la formation. Chez nous, l’association belge Lire et Écrire se rend dans les différentes gares wallonnes et le métro bruxellois afin d’interpeler les passants sur les "difficultés d’accès à la formation" en distribuant des cartes postales et des affiches visuelles.
Nathalie Sangil






