Le Ligueur et mon bébé Les petites annonces La Ligue des familles Partenaires

Actualité des jeunes

Afrique du Sud: le mondial et les autres matchs

Impossible de l'ignorer, du 11 juin au 11 juillet, l'Afrique du Sud accueille la compétition sportive la plus regardée de la planète: la Coupe du monde de foot. Plongez-vous dans le dossier des pages Actu Jeunes de cette semaine pour tout découvrir sur cet événement. Ici, intéressons-nous au pays lui-même.

L'Afrique du Sud est l'un des pays les plus riches et les plus développés du continent africain. Il est habité par des Blancs, des Noirs, des Indiens… Ce qui lui vaut le surnom de nation "Arc-en-ciel". Mais tout n'est pas brillant dans ce pays: il y a beaucoup de divisions et des inégalités… liées au passé raciste de ce pays.


Apartheid

Pendant une bonne partie du 20e siècle, l'Afrique du Sud a été critiquée par le monde entier. Peu de pays étaient ses alliés et beaucoup de consommateurs d'Europe, d'Asie, d'Amérique et d'ailleurs refusaient d'acheter ses produits. Ces étrangers pratiquaient ce qu'on appelle le boycott des produits sud-africains. Pourquoi? À cause de l'apartheid. Ce terme en afrikaans (une des onze langues officielles) signifie "développement séparé". Explication. Dans ce pays où la majorité de la population est noire, vivent aussi des Indiens et des métis, soit des personnes qui sont issues du mélange entre deux populations. Il y a aussi des Blancs. Ceux-ci forment la minorité, soit environ un quart de la population. Mais jusqu'en 1994, c'est eux qui avaient le pouvoir et ils voulaient le garder. Concrètement, le gouvernement dirigeait le pays selon des lois racistes qui privilégiaient les Blancs. Ainsi, les habitants du pays étaient classés en fonction de leur origine (blanche, noire, métisse, indienne…). Les Blancs avaient quasi tous les droits, les non-Blancs n'en avaient presque pas. Ces derniers ne pouvaient pas voter, habiter dans certains quartiers, exercer certaines professions… Les Noirs, qui formaient la majorité, n'avaient pas le droit de fréquenter les mêmes écoles, restaurants, plages… que les Blancs. Ils n'avaient pas le droit de se marier avec un Blanc (ou une Blanche) ou encore de prendre les mêmes bus qu'eux.


Longue  lutte

De nombreux Sud-Africains, surtout des Noirs, luttaient contre cet apartheid. Mais ils étaient violemment réprimés. Le gouvernement tuait, torturait et emprisonnait les dirigeants des organisations et des partis anti-apartheid. En 1964, il a arrêté Nelson Mandela, le chef d'un des plus importants partis antiapartheid, l'ANC (Congrès National Africain). Ce dernier allait rester prisonnier pendant 27 ans! Pendant tout ce temps, les injustices se poursuivaient: la majorité des Noirs vivait dans une grande misère, dans des quartiers isolés appelés townships. Ce sont des ghettos, donc des quartiers où ne vivent que des Noirs et où règnent la pauvreté et la violence. Au fil des ans, les critiques contre l'apartheid se sont multipliées et beaucoup d'États ont interdit à leurs entreprises de faire du commerce avec l'Afrique du Sud. Certains ne voulaient plus de l'or et des diamants dont ce pays est l'un des plus grands producteurs au monde. D'autres n'achetaient plus ses fruits, comme les fameuses oranges Outspan ou les pommes du Cap. Bref, le pays était de plus en plus isolé au niveau international. Dans le pays même, malgré les interdictions et les répressions, les manifestations et les révoltes se poursuivaient. Les dirigeants sud-africains avaient de plus en plus de mal à contrôler la situation. En 1990, un changement historique se produisit: le nouveau président sud-africain, Frederik De Klerk, autorisa les partis anti-apartheid (dont l'ANC) et libéra Nelson Mandela. Des négociations pour  mettre fin aux lois racistes, donc à l'apartheid, ont démarré. En 1994, l'Afrique du Sud organisa ses premières élections libres et démocratiques. Autrement dit, pour la première fois dans l'histoire de ce pays, tous les Sud-Africains ont pu choisir leurs représentants. L'ANC a remporté ces élections, Nelson Mandela est devenu président et l'apartheid a été supprimé.


Espoirs

L'Afrique du Sud raciste est donc devenue une démocratie, c'est-à-dire un État où la population a le droit de s'exprimer, de choisir ses dirigeants et dont les droits sont respectés. En d'autres mots, un pays où les Noirs, les métis, les Blancs et les Indiens ont les mêmes droits et sont traités de manière égale. Nelson Mandela a réussi à réconcilier tous les Sud-Africains, donc à éviter que les Noirs se vengent de tout ce que les Blancs leur ont fait subir. En 1999, après cinq ans à la tête du pays, il s'est retiré du pouvoir. Aujourd'hui, Mandela est un vieux monsieur de 91 ans qui reste un symbole et un modèle dans le monde entier. Le prix Nobel de la paix (Mandela l'a reçu en 1993) observe son pays qui n'a pas réussi à tenir ses promesses. En effet, si le pouvoir a bien été partagé, le racisme et les inégalités n'ont pas tout à fait disparu (1).


Réalité


Après 1994, beaucoup de Sud-Africains pensaient que leur vie allait changer, que les richesses du pays seraient redistribuées à tous. Mais ce ne fut pas le cas. Même si certains (10 %) se sont enrichis, la majorité de la population noire (qui forme 79 % de la population totale) est restée très pauvre. Ainsi, près de la moitié des 48 millions de Sud-Africains vit avec moins de 2 euros par jour. Il y a des Blancs parmi eux, mais la toute grande majorité est noire. Au cours des seize dernières années, l'État a amélioré l'accès à l'eau et à l'électricité dans les townships. Il a construit des écoles, des hôpitaux… mais dans de nombreux bidonvilles, des millions de personnes vivent toujours dans des baraques sans toilettes, ni eau… Le chômage touche près de 25% de la population… surtout noire. Soit 1 personne sur 4! Ces conditions de vie expliquent en partie la criminalité et la violence (dans la rue, à l'école, à la maison…). Des violences entre Noirs, mais aussi des violences racistes: entre Blancs et Noirs, contre les étrangers…  L'Afrique du Sud serait le troisième pays le plus violent au monde. Régulièrement, des manifestations… violentes éclatent pour dénoncer ces violences, pour critiquer l'inefficacité des dirigeants. Autre grave problème de l'Afrique du Sud: le sida. Avec un adulte sur cinq, l'Afrique du Sud est  le pays le plus touché au monde. Depuis la fin de l'apartheid, le sida a fait reculer l'espérance de vie de 14 ans! Autrement dit, en Afrique du Sud, les gens vivent en moyenne jusqu'à 49,5 ans contre 63,5 ans il y a encore une vingtaine d'années.  

Aujourd'hui, les Sud-Africains sont tous unis autour de la grande fête du football. Ils sont fiers que leur pays soit le premier du continent à accueillir la Coupe du monde footballesque. Ils ont beaucoup travaillé pour la préparer et c'est leur dirigeant historique qui donnera le coup d'envoi de la coupe. Mais que se passera-t-il après le dernier coup de sifflet? Y aura-t-il plus d'entreprises étrangères qui viendront s'installer dans le pays? Le chômage va-t-il baisser? Le gouvernement va-t-il gagner les autres… matchs: améliorer la vie de tous, réduire les inégalités?  La devise de la Coupe du monde 2010 dit bien ce que les Sud-Africains pensent: "Ke Nako"'. En français: "Il est temps"!


Samira Loulidi

(1) Nous reviendrons sur Afrique du Sud  dans notre série les "pays émergents". Rendez-vous début septembre.

 

 

Autres actualités des jeunes

 

 

Haute Ecole de la Province de Namur
 Collège de Godinne-Burnot
Les choix du ligueur
Concours de la semaine
Les favoris du ligueur
Donnez-nous votre avis...


Copyright © 2002-2012 Ligue des Familles | Droits d'utilisation | Politique de confidentialité | Site réalisé par Create2.be