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Actualité des jeunes

BHV : que veulent dire ces trois lettres?

Alors que huit partis négocient pour former un gouvernement, on parle énormément de BHV. On vous explique tout sur ce sujet compliqué.

1. BHV : c’est quoi ?
Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV), c’est 54 communes : les 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale et 35 communes de la partie ouest du Brabant flamand. BHV est ce que l’on appelle une circonscription électorale : il s’agit d’un découpage du pays qui a été mis en place pour l’organisation des élections. En clair, lors des élections, tous les habitants d’une même circonscription ont le choix de voter parmi les mêmes listes de candidats. (Attention : le découpage des circonscriptions diffère d’un type d’élections à l’autre.) Prenons le cas de l’élection des parlementaires de la Chambre, parce que c’est pour celle-là que BHV pose problème. Pour ces élections-là, la Belgique compte 11 circonscriptions électorales, dont celle de BHV.

Si BHV fait autant parler d’elle depuis quelques mois, c’est parce que cette circonscription constitue une exception, voire une anomalie. En effet, selon la loi, les circonscriptions électorales doivent correspondre aux territoires des provinces. Or, avec BHV ce n’est pas le cas : elle englobe une partie des communes du Brabant flamand ainsi que toutes les communes bruxelloises. Les autres communes du Brabant flamand forment une autre circonscription électorale.

2. Mais d’où vient BHV ?
Cinq dates-clés sont importantes pour comprendre le problème BHV. 1962, d’abord. Cette année-là, la frontière linguistique est tracée : elle séparera désormais la région où l’on parle le néerlandais de celle où l’on parle le français. Quelques mois plus tard, en 1963, on délimite aussi les frontières de ce qui deviendra, plus tard, la Région de Bruxelles-Capitale. À l’époque, la circonscription de BHV telle que nous la connaissons aujourd’hui existe déjà. 1995, ensuite : petite révolution dans l’organisation des provinces. L’ancienne province du Brabant est séparée en trois parties. La province du Brabant flamand (au nord), la province du Brabant wallon (au sud) et la Région de Bruxelles-Capitale qui n’appartient à aucune province. 2002 : grosse nouveauté, cette fois dans l’organisation des élections. Dorénavant, pour l’élection des parlementaires de la chambre, les circonscriptions électorales devront correspondre au découpage des provinces. BVH est évidemment concerné. Et pourtant, les responsables du pays décident de ne rien modifier. 2003 : des dirigeants flamands portent plainte devant la Cour d’arbitrage. Les juges de la Cour d’arbitrage rendent l’avis suivant : BHV n’est pas conforme à la loi. Une solution doit donc absolument être trouvée pour résoudre ce problèle, ce qui est loin d’être simple.

3. Quelle solution pour BHV ?
Pourquoi s’arrache-t-on autant les cheveux à propos de BHV ? Parce que de nombreux francophones vivent dans une des 35 communes flamandes, autour de la Région de Bruxelles-Capitale, et qui font partie de BHV. Le fait que la circonscription de BHV existe toujours a une grande conséquence. Lors des élections régionales et européennes, ces francophones peuvent voter pour des candidats qui parlent la même langue qu’eux : les candidats francophones de Bruxelles. Ce ne serait pas nécessairement le cas si leur commune n’était pas rattachée à la Région de Bruxelles-Capitale pour les élections. Ceci explique donc pourquoi la plupart des dirigeants francophones veulent, depuis toujours, conserver BHV telle quelle. Et c’est tout l’inverse du côté des Flamands : pour eux, les francophones de Flandre doivent s’adapter à l’endroit où ils vivent. Donc, les Flamands ne veulent pas d’une circonscription à cheval sur deux Régions. Lorsqu’on évoque l’avenir de la circonscription de BHV, on parle beaucoup de sa scission. Comme ce mot l’indique, il s’agirait de séparer les communes flamandes de BHV de celles de la Région de Bruxelles-Capitale. La majorité des Flamands souhaitent d’ailleurs mettre cette solution en place. Tandis que les francophones veulent tout faire pour l’éviter.

Certains estiment que BHV fait beaucoup de bruit pour rien. Et aussi que les responsables politiques dépensent beaucoup trop de temps et d’énergie pour trouver une solution à ce problème. Donc, qu'il est un peu ridicule que les huit partis qui négocient pour former un gouvernement prennent autant de temps et d'énergie pour trouver un solution à ce problème. C’est à la fois vrai et faux. Vrai parce qu’après tout, cette question ne concerne qu’une petite partie des Belges. Il existe donc, en Belgique, des problèmes plus importants que cela. Faux parce que la question qui concerne BHV est en quelque sorte un symbole de la Belgique actuelle. En résumé, ce problème montre combien les Flamands et les francophones ont des idées et des visions différentes du fonctionnement, mais aussi de l'avenir de la Belgique.

Anouck Thibaut

Pour en savoir plus sur le sujet, retrouvez notre dossier de l’Actu jeunes du 24 février 2010, avec notamment une carte qui permet d’y voir plus clair.



A découvrir aussi, ce numéro de l’émission Le dessous des cartes, diffusé sur Arte. En 10 minutes chrono, cette émission française réussit le pari d'expliquer simplement les tensions communautaires en remontant dans l’histoire de notre pays. Aussi limpide que pédagogique ! Un document à regarder, sans hésiter, dans toutes les chaumières ou les salles de classe.


 

 

 

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