Ce 8 mars, un peu partout dans le monde, est la Journée internationale de la femme. Une journée destinée à rappeler que, par rapport aux hommes de leur pays, la plupart des femmes du monde ont moins de droits, moins de formation, moins d’argent, moins le droit de décider de leur vie…
Pendant des siècles, la femme a été considérée comme un être incapable de vivre et penser par elle-même : elle dépendait et était contrôlée par son père, ensuite par son mari. Au fil des temps, des femmes se sont battues pour faire changer les mentalités et les lois. Depuis, des déclarations comme la Déclaration des Droits de l’homme, mais aussi de nombreuses lois disent que la femme est égale à l’homme, qu’elle a donc les mêmes droits que lui. Et il y a eu de nombreuses améliorations. Malgré cela, il reste encore beaucoup d’inégalités dans les pays du Sud comme dans ceux du Nord. Ainsi, dans beaucoup de pays, les filles sont moins bien nourries et soignées que les garçons. Souvent, elles sont privées d’école. Aujourd’hui, sur trois analphabètes dans le monde, deux sont des femmes et des filles. La toute grande majorité des plus pauvres sont des femmes et des filles. Mais pourquoi la femme est-elle discriminée, autrement dit traitée différemment ? À cause des traditions, de la religion, de la pauvreté… Examinons trois des nombreuses inégalités entre hommes et femmes: la pauvreté, la violence, le pouvoir.
Pauvreté
6 sur 10 des personnes les plus pauvres dans le monde sont des femmes et des filles. Une des causes de cette pauvreté est la discrimination. Autrement dit, elles sont pauvres parce que leurs droits ne sont pas respectés et cela simplement… parce qu’elles sont femmes. Ainsi, dans beaucoup de pays, les femmes travaillent dur et dans de mauvaises conditions contre des salaires de misère. Dans les pays où 80 % de la population vit de la terre, ce sont les femmes qui cultivent, élèvent le bétail, vendent sur les marchés, s’occupent des enfants, des travaux ménagers… Mais elles ne reçoivent pas d’argent. Souvent, alors que ce sont les femmes qui cultivent la terre, elles ne peuvent pas la posséder. Elles ne peuvent pas en hériter, après le décès de leur mari, par exemple. D’autre part, à cause de la pauvreté, les filles sont privées d’école. La priorité est donnée à l’éducation des garçons. Or, sans instruction, sans formation, il est difficile pour les femmes de s’en sortir, de connaître leurs droits et de les défendre. Dans certains pays, elles sont mal nourries, reçoivent les restes des repas des hommes. Quand elles sont malades, elles ne sont pas soignées ou pas correctement. Dans les pays riches aussi, les plus pauvres sont les femmes seules avec un ou plusieurs enfants. Les salaires plus bas que ceux des hommes (Lire le dossier Actu jeunes dans Le Ligueur n° 5), le manque de place dans les lieux de garde pour enfants, le travail à mi-temps… favorisent l’appauvrissement de celles qui sont le moins instruites, n’ont qu’un (petit) revenu, doivent s’occuper seules de leur famille…
Violence
Entre 1000 et 4000. C’est le nombre de filles qui disparaissent chaque jour en Inde. Ou plutôt qui ne peuvent pas naître. En effet, en Inde, comme dans d’autres pays, les garçons sont préférés aux filles. Aux yeux de nombreux parents, un garçon a plus de valeur qu’une fille parce que celle-ci coûte en quelque sorte cher à élever et ne rapporte rien. Ainsi, quand elle se marie, la fille appartient à la famille de son mari et ne peut donc plus travailler et aider sa famille. Aussi, depuis de nombreuses années, des femmes avortent quand elles savent (grâce à des tests) que le futur bébé est de sexe féminin. Résultat, il naît aujourd’hui en Inde moins de 800 filles pour 1000 garçons. Si la situation ne change pas, entre les années 2020 et 2030, plus de 30 millions de jeunes hommes se retrouveront sans femme.
D’autre part, chaque jour, des millions de femmes subissent d’autres violences. Elles sont tenues en esclavage, mutilées, mariées de force ou tuées parce qu’elles ont eu (ou sont soupçonnées d’avoir eu) des relations sexuelles avec un homme sans être mariée avec lui… Dans les pays en guerre, mais aussi ceux en paix, des femmes sont obligées d’avoir des relations sexuelles, autrement dit elles sont violées par un soldat, leur patron, leur compagnon ou un inconnu. Dans le monde, une femme sur trois est victime de violence ou de mauvais traitement dans sa propre maison ! Des maris, des compagnons, des petits amis… insultent, frappent, blessent ou tuent leur femme, amie… par jalousie, parce qu’ils ont bu, parce que le repas n’était pas bon, pour montrer qu’ils sont les plus forts, qu’ils sont l’homme ! Cette violence existe partout, donc dans les pays du Sud comme dans ceux du Nord. Elle existe dans toutes les couches sociales, autrement dit aussi bien chez les gens riches que chez les pauvres, parmi les directeurs, les professeurs, les médecins ou encore les chômeurs…
Politique
La pauvreté et la violence empêchent les femmes de vivre correctement (ou de vivre simplement), de décider de leur vie, de participer à la société, de prendre des décisions… Même dans les pays où la situation des femmes est correcte, voire bien, elles sont moins nombreuses que les hommes à participer au gouvernement, à diriger le pays, à occuper d’importants postes politiques. Presque partout, elles ont dû attendre longtemps avant de pouvoir participer aux élections, donc de voter ou de se présenter pour être élues. Ainsi, en Belgique, avant 1948, les femmes n’avaient pas le droit de participer à toutes les élections. Avant 1965, il n’y avait pas de femme ministre… (Rappelons aussi qu’avant 1973, les femmes mariées devaient demander l’autorisation à leur mari pour ouvrir un compte en banque). Au cours des dix dernières années, la Belgique, comme d’autres pays ont voté des lois spéciales pour que les femmes soient aussi nombreuses que les hommes à diriger le pays. Aujourd’hui, les femmes belges représentent 38 % des membres du parlement. C’est plus que dans d’autres pays occidentaux comme la France où elles ne représentent que 18,9% ou les États-Unis, 16,8% mais moins que des pays du Sud comme Cuba (43,2%) ou le Rwanda (56,3 %). Ces cinq dernières années, des pays du Sud ont fait de gros efforts pour favoriser la participation des femmes à la gestion du pays. Ainsi, en Équateur, le gouvernement compte actuellement 34 % de femmes, soit 20 % de plus qu’il y a trois ans. En 2009, le Maroc a décidé de réserver un nombre de places aux femmes. Résultat : lors des élections municipales de juin 2009, 3406 femmes ont été élues alors qu’elles n’étaient 127 en 2003. Toujours en 2009, pour la première fois, cinq femmes sont rentrées au parlement au Koweït. Un pas énorme et qui pourrait peut-être donner des idées aux voisins du Koweït. Comme, par exemple, à l’Arabie saoudite, un pays où les femmes n’ont même pas le droit de conduire une voiture.
Samira Loulidi








