Samedi 27 février, la terre a tremblé au Chili, un pays d’Amérique latine. Près de 800 personnes seraient mortes. Ce tremblement de terre est l’un des plus violents dans l’histoire. Il serait 50 à 60 fois plus puissant que celui qui a frappé Haïti en janvier. Pourtant, il a fait moins de tués et de dégâts que celui de Haïti.
Un tremblement de terre se produit lorsque la surface de la terre bouge. On sent donc des vibrations du sol. Ces vibrations, c’est comme les vagues dans l’eau lorsqu’on y jette un caillou. Chaque année, plus de 100.000 tremblements de terre frappent notre planète. Mais la plupart passent inaperçus parce qu’ils se produisent dans des zones inhabitées ou parce qu’ils sont très faibles, donc ils ne sont pas ressentis par les humains. Certains de ces séismes, autre nom pour ces tremblements de terre peuvent faire bouger des objets (tableaux, photos) accrochés au mur. D’autres, comme ceux de Haïti ou du Chili, sont tellement forts qu’ils provoquent la destruction de bâtiments, de routes, de ponts… Les tremblements de terre peuvent aussi causer des tsunamis, c’est le nom japonais pour raz de marée. La vague géante qui a suivi le tremblement de terre du 27 février, a inondé quelques îles et provoqué la panique dans quelque 53 pays, parfois situés très loin du Chili comme le Japon, la Russie, les Philippines, l'Indonésie…
Plaques remuantes
La plupart des tremblements de terre sont d’origine tectonique. Explication. Selon une idée développée au 20e siècle, l’écorce terrestre est formée de plaques qu’on appelle tectoniques. Ces dernières ont une épaisseur d’une centaine de kilomètres. On en distingue une douzaine dont les principales sont : la plaque eurasienne, la plaque philippine, la plaque indo-australienne, la plaque Nazca, la plaque pacifique, la plaque africaine, la plaque nord-américaine, la plaque antarctique. Ces plaques ne sont pas fixes, elles ont la bougeotte et c’est cela qui provoque les tremblements de terre. C’est aussi leur bougeotte qui explique les éruptions de volcans, la dérive des continents, la naissance des montagnes ou des fosses sous-marines.
Le déplacement des plaques se fait de trois manières différentes. Soit, elles s’éloignent les unes des autres, soit elles se rapprochent, soit elles glissent l’une contre l’autre ou encore sous l’autre. Ces mouvements peuvent provoquer la rupture de roches situés en profondeur. Conséquence : une ou des failles naissent. Les parois de ces failles frottent l’une contre l’autre et produisent de la chaleur, autrement dit de l’énergie. Ce frottement produit aussi des vibrations - on dit des ondes sismiques - qui filent dans toutes les directions. Certaines sont simplement enregistrées sur des appareils appelés sismographes. D’autres sont tellement fortes qu’elles provoquent des destructions. Le point d’où elles partent - appelé foyer - peut se trouver à des centaines de kilomètres de profondeur. Le lieu de la surface de la Terre qui se trouve à la verticale du foyer est l’épicentre. C’est là où les ondes, donc les vibrations, sont le plus ressenties. Au Chili, après le premier tremblement, plus d’une vingtaine de secousses, on dit des répliques, se sont produites. La première avait été ressentie jusqu’à Santiago, la capitale, située à 400 kilomètres de l’épicentre. Il faut dire qu’elle avait une puissance de 8,8 sur l’échelle de Richter.
Cette échelle - inventée en 1935 par l’Américain Charles Francis Richter - est graduée de 0 (pas de tremblement) à 9 (le plus fort tremblement de terre jamais enregistré). À chaque degré, la force du tremblement de terre est multipliée par dix. Par exemple, un séisme de force 6 sur cette échelle est dix fois plus fort qu’un autre de force 5 et cent fois plus fort qu’un séisme de force 4.
Plus fort, mais moins destructeur
Le tremblement de terre du 12 janvier à Haïti avait une magnitude de 7,3 sur l’échelle de Richter. Celui du Chili était de 8,8. À Haïti, le séisme a détruit des villes entières, a fait près de 300.000 morts et plus d’un million de sans-abri. Au Chili, alors que le séisme étaient cinquante à soixante fois plus puissant qu’à Haïti, les dégâts étaient beaucoup moins importants et le nombre de morts relativement bas (près de 800). Pourquoi un séisme plus fort est-il moins destructeur ? Parce que cela dépend de la place de l’épicentre par rapport au nombre de constructions ou d’habitants, de la nature des terrains sur lesquels on a construit, du type de constructions…
Ainsi, à Haïti, la secousse s’est produite à seulement dix kilomètres de profondeur dans la croûte terrestre. Ce qui a multiplié la violence des vibrations et augmenté les dégâts à la surface du sol. Au Chili, par contre, le séisme s’est déclenché à 35 kilomètres sous l’océan. Cette distance a amorti le choc (mais provoqué un tsunami). Deuxième différence : contrairement à Haïti, le Chili est mieux préparé face aux séismes.
Plus riche, mieux préparé
Le Chili connaît régulièrement des tremblements de terre. Pourquoi ? Parce que ce pays d’Amérique latine est situé dans une des zones où se produisent de nombreux séismes car plusieurs plaques s’y touchent. C’est dans ce pays qu’a eu lieu le plus fort séisme de l’histoire mondiale : 9 sur l’échelle de Richter. C’était en mai 1960. Il avait provoqué 3.000 morts. Après ce séisme, les dirigeants chiliens ont pris des mesures : la plupart des bâtiments sont construits de manière à résister aux séismes. Par exemple, on place sous les bâtiments des espèces d’amortisseurs qui absorbent l’énergie du mouvement du sol. On appelle cela des constructions parasismiques. À Port-au-Prince, la capitale de Haïti, où vivent 2 millions de personnes, seuls deux bâtiments étaient construits selon les règles parasismiques. Ils ont bien résisté aux secousses. Si le Chili est mieux équipé que Haïti face à ce genre de catastrophe naturelle, c’est avant tout parce que c’est un pays riche. Même si tous les Chiliens ne sont pas riches (il y a encore beaucoup d’inégalités dans ce pays), l’État chilien a plus d’argent que Haïti. C’est un des pays les plus développés d’Amérique latine. Haïti, lui, est le pays le plus pauvre d’Amérique latine, le moins développé… Le Chili, qui a été l’un des premiers à envoyer des secours à Haïti, a besoin d’aide à son tour.
Cette nouvelle catastrophe nous rappelle douloureusement que l'Opération Timoun reste d'actualité. Les enfant d'Haïti ont toujours besoin de nous...
Samira Loulidi






