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SNCB : du service public vers la libéralisation

Pour comprendre la situation actuelle du rail aujourd’hui, il faut remonter dans le temps. Débutons donc par une info historique étonnante : chez nous, le transport en train est aussi vieux que la Belgique elle-même! En effet, la première ligne de train fut inaugurée en 1835, soit cinq ans à peine après l’indépendance de notre pays. Cette ligne reliait les villes de Bruxelles et de Malines. Notre pays était alors le seul, avec la Grande-Bretagne, à posséder un tel moyen de transport en Europe. Les lignes de train se sont alors multipliées. On dit aussi que le réseau ferroviaire s’est progressivement développé.

Au 19e siècle, différentes entreprises se chargeaient de construire des voies de chemin de fer et de mettre en service des trains pour transporter les voyageurs. Ces entreprises qui ne dépendent pas de l’État (soit des responsables du pays) sont ce que l’on appelle des entreprises privées. Chacune d’entre elles travaillait dans son coin, sans vraiment se soucier des autres. L’État belge faisait de même et construisait aussi ses voies de chemin de fer. En 1870, la Belgique comptait déjà près de 3000 kilomètres de voies ferrées : c’est énorme pour un petit pays comme le nôtre. L’État belge décida alors de mettre de l’ordre dans le transport ferroviaire : il acheta progressivement toutes les lignes de chemin de fer aux entreprises privées. La raison de ce regroupement était simple : mieux organiser ce mode transport et le rendre plus sûr et efficace. Et c’est toujours pour cette même raison que l’Etat belge créa, en 1926, la Société Nationale des Chemins de fer Belges, qui fut vite appelée SNCB.

Une entreprise au service des citoyens

Aujourd’hui, comme tout le monde le sait, la SNCB existe toujours. Elle est désormais une entreprise publique autonome. Qu’est-ce que cela signifie ? La SNCB a pour mission de transporter les voyageurs en Belgique. Et cette mission lui été confiée par l’État belge qui lui donne, chaque année, une importante somme d’argent pour fonctionner. En échange, la SNCB ne peut pas faire ce qu’elle veut et doit respecter ce que l’on appelle un contrat de gestion. Un des points les plus importants de ce texte est le suivant : fournir aux habitants du pays des transports en train qui soient à la fois de qualité et relativement bon marché. Tout comme Belgacom pour le téléphone ou encore La Poste pour la distribution du courrier, la SNCB fait partie de ce que l’on appelle le service publique.

En 2005, la SNCB a subi un fameux changement dans son organisation. Elle a été partagée en trois entreprises, dont on parle d’ailleurs beaucoup depuis l’accident de Buizingen. Il s’agit d’Infrabel, de la SNCB et de la SNCB-Holding. En deux mots, Infrabel s’occupe des voies de chemins de fer et des systèmes de sécurité, dont les fameux feux de signalisation. La SNCB, elle, s’occupe des trains proprement dit et organise les transports des voyageurs et des marchandises. On dit aussi qu’Infrabel est le gestionnaire du réseau tandis que la SNCB exploite ce dernier. La SNCB-Holding, enfin, est la société qui chapeaute, autrement dit regroupe et dirige les deux premières.

En route vers la libéralisation

Pourquoi la SNCB a-t-elle évoluée ainsi ? Parce qu’elle a dû respecter une directive de l’Union européenne. Cette règle prépare, pour tous les pays membres, un énorme bouleversement au niveau des transports en train : la libéralisation du rail. Avec ce changement, les chemins de fer cesseront d’être un transport public dépendant de l’État. Ils pourront alors être gérés par une ou plusieurs entreprise(s) privée(s), comme c’était d’ailleurs le cas avec le rail belge au 19e siècle. Cette évolution ou plutôt ce retour en arrière fait peur à beaucoup. En effet, le risque est grand que ces entreprises privées pensent avant tout à faire des bénéfices, donc à gagner de l’argent, plutôt qu’à rendre un service aux citoyens, comme c’est le cas aujourd’hui. Aucune date n’a encore été fixée pour la libéralisation du transport des voyageurs, même si la date de 2017 est souvent citée. Par contre, depuis cette année, les transports des passagers d’un pays l’autre, autrement dit le transport international, est libéralisé. Et le transport des marchandises l’est déjà depuis 2007. Autre problème qui pourrait se poser à l’avenir: le fait d’avoir ainsi plusieurs entreprises qui s’occupent du rail pourrait avoir des conséquences en matière de sécurité. En effet, il faudra absolument que ces différentes entreprises travaillent ensemble et respectent les mêmes règles afin d’éviter les accidents.

Anouck Thibaut

Envie d'en apprendre davantage sur l'histoire du rail en Belgique? Téléchargez la brochure sur le site de la SNCB.

 

Une commission spéciale
Quelques jours après l’accident de Buizingen, les responsables de la SNCB ont été entendus par les Parlementaires de la Chambre. Le but n’était pas d’essayer de comprendre pourquoi les deux trains concernés sont entrés en collision. Ainsi, le chauffeur de l’un des deux trains a-t-il brûlé un feu rouge, ce qui aurait provoqué la catastrophe? Ou bien cet accident est-il dû à un problème technique ou à un mauvais équipement des trains et des voies ? Ces questions-là sont aux mains de la Justice qui va mener l’enquête avant désigner et de juger les éventuels responsables. Par contre, à la Chambre, les hommes et les femmes élus par les citoyens se sont penchés sur la question suivante : la catastrophe de Buizingen a-t-elle pu arriver parce que les chemins de fer belges ne fonctionnent pas correctement ? Et ce pour différentes raisons : à cause du matériel (les trains, les voies, les feux de signalisation…), de la formation des conducteurs, du fait que les cheminots ont des journées de travail trop longues et trop pénibles ou encore que le trafic est devenu trop dense en Belgique ? En d’autres mots, les Parlementaires ont tenté de savoir si les responsables de la SNCB ont tout fait ces dernières années pour rendre le rail belge efficace et sûr ? Et c'est pour tenter de répondre à cette question concernant la sécurité du rail en Belgique qu'une commission spéciale de la Chambre a été mise en place.

 

 

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