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La Grèce : un pays en faillite ?

Depuis fin 2009, il a été beaucoup question des problèmes d’argent de l’État grec. Sa situation s’est tellement aggravée que certains se demandent aujourd’hui si ce pays n’est pas au bord de la faillite. Une idée qui fait peur au reste de l’Europe.


Un État peut-il tomber en faillite ? La réponse est non d’après les économistes, autrement dit ces spécialistes qui étudient la manière dont l’agriculture, l’industrie et le commerce d’un pays sont organisés. En effet, à la différence d’une entreprise, un État ne peut jamais décider d’arrêter de fonctionner (de fermer les écoles, les hôpitaux...), de licencier son personnel, ses citoyens… Autrement dit, un État est obligé de continuer à exister. Par contre, ce qui peut arriver à un État, c’est d’être en "cessation de paiements". Autrement dit, de ne plus payer ses dettes. La Grèce serait dans cette situation. Mais elle ne serait pas le seul pays européen incapable de rembourser ses dettes.

Déséquilibre


Comment la Grèce en est-elle arrivée là ? La raison principale, c’est parce que ce pays a vécu trop longtemps au-dessus de ses moyens. Autrement dit, il a dépensé plus d’argent qu’il en a gagné. On dit aussi que son budget n’est pas équilibré. Les experts parlent d’un «déficit budgétaire ». Est-ce grave ? Non si c’est accidentel ou temporaire, donc pour un temps limité. Depuis la crise financière et économique de 2008, beaucoup de pays connaissent un déficit de leur budget. Pourquoi ? Parce qu’ils ont emprunté de l’argent pour lancer de grands travaux, afin de créer des usines, des emplois… et ainsi, relancer la machine économique. Le problème de la Grèce, c’est que cette situation n’a plus rien de temporaire. Les déficits se sont accumulés et la dette du pays a fort augmenté.
Ce qui complique le cas de la Grèce, c’est qu’elle fait partie, non seulement de l’Union européenne mais également de la zone euro. On appelle ainsi le groupe de pays européens qui ont l’euro comme monnaie. Or, pour faire partie de l’Union et utiliser l’euro comme monnaie, la Grèce a dû prendre des engagements. D’abord, faire en sorte que son déficit budgétaire ne dépasse pas 3 % de ses recettes. Ensuite, s’engager à ce que sa dette ne soit pas supérieure à 100 % de ses recettes. Or, la Grèce n’a pas tenu ses engagements : son déficit est de 13 % et sa dette de 113%. 
Qu’est-ce que ca veut dire ? Un : que la Grèce ne gère pas bien le budget de son "ménage" . Deux : elle ne  respecte pas les règles européennes.

Conséquences

La première conséquence pour la Grèce, c’est que ceux qui lui prêtent de l’argent lui font de moins en moins confiance. Résultat : ils augmentent les taux d’intérêt. En d’autres termes, à chaque fois que la Grèce emprunte de l’argent, la somme qu’elle doit rembourser est plus importante.
L’autre  conséquence touche toute l’Union européenne. Prenons une image : la Grèce serait un élève d’une classe appelée Europe. Dans cette classe, il y a des règles et tous les élèves sont responsables de leur respect. Or, l’élève Grèce a détourné  les règles et les autres n’ont rien remarqué. Résultat : les investisseurs internationaux (donc ceux qui créent des entreprises, des usines, donc des emplois…) vont voir ailleurs. Ils se débarrassent aussi de l’euro. Ils préfèrent le dollar. Quand les investisseurs perdent confiance dans une monnaie, sa valeur baisse. À l’inverse, quand une monnaie est fort demandée, sa valeur augmente. C’est ce qui est arrivé : la valeur du dollar a augmenté et celle de l’euro a baissé. Et comme ils sont seize pays à avoir l’euro en commun, tous sont concernés.

Catastrophe?

Le cas de la Grèce a amené les spécialistes à se poser une autre question : "La Grèce est-elle le seul membre de l’Union européenne dans cette situation ?". Leur réponse est non : d’autres pays sont dans une situation qui pourrait être aussi inquiétante si rien n’est fait. Ces pays, on les a regroupés sous le nom de PIGS : Portugal (P), Irlande (I), Grèce (G) et Spain (S) (Espagne, en anglais). Notons que ce mot veut dire "cochons" en anglais !

Pour éviter un "effet domino", autrement dit que la crise se propage d’un pays à l’autre, les différents États de l’Union devront prendre des mesures très strictes. Par exemple, renforcer les contrôles au niveau de l’Union.  Mais en premier lieu, ce sont les États en crise qui devront agir, la Grèce en tête. Le gouvernement de ce pays vient d’ailleurs de présenter une série de mesures pour équilibrer son budget. Donc, retrouver un équilibre  entre ses dépenses et ses revenus. Un des moyens est justement de réduire les dépenses. Concrètement, le gouvernement grec a décidé de ne plus augmenter les salaires, de ne plus engager de fonctionnaires (enseignants, médecins, policiers), de moins aider certaines associations...  On appelle cela une "politique d’austérité budgétaire". Ces mesures ne sont évidemment pas bien acceptées par la population. En Grèce comme ailleurs, les gens acceptent que l’État prenne des mesures, mais pas qu’il touche à leur portefeuille.

Comme en Belgique… en 1990

Les Belges ont vécu la même situation dans les années 1990. C’était des années très dures pour tout le monde.  Aujourd’hui, la Belgique est dans la bonne moyenne des élèves européens. Pourtant, certains estiment que notre pays n’est pas à l’abri d’un scénario "à la grecque". Pourquoi ?  Parce que la dette publique, donc la dette de l’État, représente plus de 90 % de son PIB, autrement dit de sa richesse. Or, d’après les règles de l’Europe, cette dette ne doit pas dépasser 60 % du PIB. Rappelons toutefois que dans les années 1990, cette dette s’élevait à 130 %. Notre pays a réussi donc à réduire sa dette et continue à le faire. C’est un peu ce qui est demandé à la Grèce : faire des efforts pour réduire ses déficits.

YC

 

 

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