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Tremblement de terre à Haïti : une catastrophe de plus

Depuis mardi 12 janvier, tous les yeux sont tournés vers Haïti. Ce jour-là, un puissant tremblement de terre a dévasté Port-au-Prince, la capitale de ce petit pays des Antilles. Des dizaines de milliers de personnes seraient mortes, des centaines de milliers d’autres ont tout perdu.


Mardi 12 janvier, à 16h53 (il était alors 22h53 à Bruxelles), des bâtiments, des maisons, des hôpitaux, des écoles… se sont écroulés, écrasant, tuant et blessant des milliers de personnes. La terre a tremblé plusieurs fois, mais c’est la première secousse qui était la plus violente. En effet, ce séisme ou tremblement de terre avait une magnitude de 7,3 sur l’échelle de Richter. C’est énorme, car cet instrument qui porte le nom de son inventeur et qui permet de mesurer la puissance (on dit l’énergie) d’un séisme est graduée de 0 à 9. Mais comment se forme un tremblement de terre ?


Des plaques qui bougent

L’écorce ou la croûte de la Terre est composée d’une série de plaques qu’on appelle plaques tectoniques. Il y en a douze principales. Ces plaques se déplacent constamment les unes par rapport aux autres. À certains endroits, elles s’éloignent. À d’autres, elles se rapprochent et se heurtent. Parfois, la pression ou encore les forces développées par le choc entre deux plaques, libère de l’énergie. Celle-ci part alors sous forme de vibrations vers la surface. La terre se met à trembler, parfois à des kilomètres de l’épicentre. C’est ainsi qu’on appelle le lieu de la surface de la terre où l’intensité du séisme est la plus forte. À Haïti, l’épicentre était situé à 15 kilomètres de la capitale.


Grande pauvreté


Tous les jours, la terre tremble dans différentes parties du monde. Mais les dégâts ne sont pas toujours aussi important qu’à Haïti. Ainsi, au Japon et en Californie, aux États-Unis, où les tremblements de terre sont très fréquents, les bâtiments sont antisismiques. Autrement dit, ils sont construits de manière à résister aux séismes. Mais le Japon et les États-Unis sont des pays riches. Ce qui est très loin d’être le cas d’Haïti. En effet, ce pays est l’un des plus pauvres au monde. Le revenu moyen par habitant est de moins de 500 euros par an. Par comparaison, en Belgique, ce montant est de 36.000 euros. Concrètement, sur les quelque 10 millions d’habitants, 3 personnes sur 4 vivent avec 0,68 euro par jour. Dans la capitale, dont la majorité des 3 millions d’habitants vit dans des bidonvilles, certains ont même moins que cette somme. Près de 65 % de la population est au chômage.


Peu de développement, beaucoup de problèmes


Dans ce pays où 1 % de la population contrôle 50 % des richesses, il n’y a presque pas d’usine. Les terres cultivables ne sont pas très fertiles et une grande partie de la nourriture doit être achetée à l’étranger. Le pays est très endetté et n’a pas pu se développer. La toute grande majorité de la population manque d’eau potable, de soins de santé… Deux autres exemples : seuls 15% des routes du pays sont goudronnées. Et dans tout le pays - qui a une superficie de 27.750 km2 - il n’y a que 40 km de chemin de fer. Si le manque de richesses et de ressources du pays explique en partie la situation, Haïti souffre aussi d’autres problèmes. Pendant de longues années, le pays a été dirigé par des dictateurs qui pensaient plus à s’enrichir qu’au bien-être de leur population. Ces dernières années, il y a eu plusieurs coups d’États. Il y a aussi énormément de corruption. Des bandes armées font régner une grande violence… et empêchent également le pays de fonctionner correctement. Si les Haïtiens parviennent à survivre, c’est grâce à l’assistance internationale et aux membres de leur famille émigrés. En effet, l’État haïtien reçoit de l’argent - environ 340 millions de dollars par an - et de l’aide d’organisations internationales. Une trentaine d’organisations appartenant aux Nations Unies (comme l’Unicef) et de nombreuses organisations non-gouvernementales (comme Médecins sans Frontières, Handicap International…) y travaillent depuis des années pour améliorer la vie quotidienne des gens. D’autre part, les quelque 2 millions d’Haïtiens émigrés (surtout en Amérique du Nord, en France et en République Dominicaine, voisine d’Haïti) envoient chaque année plus d’un milliard d’euros dans leur pays.


Un malheur de plus

Ces dernières années, Haïti a déjà subi des dizaines d’ouragans, d’inondations, de cyclones, de glissements de terrains… Des catastrophes qui ont détruit les maigres infrastructures, comme les hôpitaux, écoles, routes… et fait de nombreuses victimes. Lors des ouragans de 2008, par exemple, près de 850.000 personnes ont tout perdu. Le tremblement de terre de ce 12 janvier - le plus important depuis 200 ans - vient donc aggraver la situation. Face à cette catastrophe, le monde a réagi. De très nombreux pays, dont la Belgique, ont promis de l’argent et envoyé des secours : des sauveteurs (pour rechercher ceux qui sont encore vivants), des médecins, des médicaments, de la nourriture, des abris… Quelque 50.000 morts, plus de trois millions d’Haïtiens qui n’ont plus rien, des bandes de pillards déjà à l’œuvre… La tâche est immense. Nous reviendrons (mercredi) sur l’aide humanitaire, son organisation, les défis pour demain…

 


Haïti Lavi

Pour venir en aide aux Haïtiens, de nombreuses organisations lancent un appel à la solidarité. En Belgique, cinq organisations (Caritas International, Handicap International, Oxfam-Solidarité, Médecins du Monde et Unicef Belgique) se sont regroupées pour mener une opération commune appelée "Haïti Lavi". Leur numéro de compte est : 000-000012-12. Médecins Sans Frontières a un compte séparé : 000-0000060-60. Pour la Croix-Rouge, c'est le numéro 000-0000016-16.

 

 

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