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Pauvreté : une crise qui dure encore et toujours

Depuis plus d’un an, on parle beaucoup des crises économiques et financières, donc celles qui ont touché les banques, le commerce, les entreprises, qui ont provoqué l’augmentation du chômage et des prix (par exemple, des aliments). Dans ces pages-ci, on vous a aussi parlé des autres crises : la crise alimentaire, la crise climatique…  Arrêtons-nous sur une crise qui dure depuis toujours : la pauvreté.


Pénélope, de France : "À la maison, nous sommes dix : mes parents, mes trois sœurs, mes quatre frères et moi. Ma sœur aînée a 13 ans et demi. La maison est petite : deux chambres à l’étage, une cuisine, une salle à manger et un salon au rez-de-chaussée".
Ximena, de Bolivie : "Dans mon quartier, il y a un enfant pauvre qui travaille comme cireur de chaussures et comme ça, il gagne quelque chose pour sa famille. Sa mère travaille aussi, mais elle gagne peu et son salaire ne suffit pas".
Joanne, de Belgique : "Une amie à moi a été séparée de son frère et de sa sœur. Ils ont tous trois été placés dans des familles d’accueil différentes : leur mère ne pouvait pas subvenir à leurs besoins. En deux ans, mon amie a changé trois fois de famille d’accueil et c’est seulement dans la troisième qu’elle a trouvé un peu d’amour et d’espoir… Pourquoi à notre époque tant de personnes doivent-elles encore vivre dans la misère ?".
Ces témoignages sont tirés du journal de Tapori, un mouvement international d’enfants qui luttent contre la misère (voir plus loin). Les enfants sont les premiers touchés par la pauvreté. Mais c’est quoi, être pauvre ?


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"Un pauvre est une personne qui n’a pas assez d’argent pour vivre correctement". Cette définition du Petit Robert Junior s’applique à des millions de personnes dans le monde. Ils sont 1,4 milliard à vivre avec moins de 2 dollars par jour, soit moins de 1,5 euro. En Belgique, le mot "pauvre" fait penser aux SDF, soit ces quelque 17 000 personnes qui n’ont pas de domicile fixe, qui vivent dans la rue, qui mendient parfois. Les SDF représentent ce qu’on appelle l’extrême pauvreté. Mais la pauvreté, qu’on ne voit pas tout de suite, touche environ 15 % de la population, soit un Belge sur sept. Une personne est considérée comme pauvre quand elle n’a pas plus de 860 euros par mois pour vivre. Pour une famille de deux parents et deux enfants, ce montant est de 1805 euros. Parce qu’ils manquent d’argent, les pauvres sont obligés parfois de vivre dans un logement insalubre, trop petit, mal éclairé, mal chauffé… Ils ne peuvent pas non plus manger sainement ou encore aller chez le dentiste ou faire remplacer les lunettes cassées… Souvent, les familles les plus pauvres ne peuvent pas envoyer leurs enfants en voyage scolaire. Aller au cinéma ou encore visiter un musée sont aussi des activités que les familles pauvres ne peuvent pas se permettre. Au fil du temps, le chômage, les dettes, les conditions de vie difficiles provoquent des disputes au sein des familles et poussent des parents à se séparer. Aujourd’hui, une grande partie des enfants qui vivent dans la pauvreté sont seuls avec un de leur parents, souvent leur mère. La pauvreté, ce n’est pas seulement le manque d’argent. C’est aussi l’exclusion, les préjugés… En effet, les pauvres sont vus comme des fainéants, des gens qui ne veulent pas travailler  ou encore des gens qui n’ont pas de chance dans la vie… Mal vus par les autres, les pauvres ont des difficultés à se faire des amis, s’enferment sur eux-mêmes, ont l’impression de ne pas exister.  Certains pauvres le sont de génération en génération. Mais la pauvreté touche aussi des personnes âgées qui ont une petite pension, des personnes qui sont au chômage depuis longtemps, des handicapés, des réfugiés, des jeunes... Aujourd’hui, on parle de plus en plus de «nouveaux pauvres» : il s’agit de ces personnes qui perdent subitement leur travail et aussi, petit à petit le lien avec les autres, avec la société.


"Poor workers"

La crise économique joue un rôle dans l’augmentation de la pauvreté : de nombreuses entreprises ont fermé leurs portes ou pourraient les fermer bientôt. Résultat : plus de chômeurs. Être chômeur ne signifie pas devenir automatiquement pauvre. Mais quand la situation se prolonge, certains ont de plus en plus de difficultés pour faire face aux dépenses habituelles, n’arrivent plus à vivre décemment. D’autre part, avoir un travail ne protège pas toujours de la pauvreté. En effet, certaines personnes ont un travail ou plusieurs petits boulots. Mais mal ou peu payés. Elles ont donc des difficultés pour payer leur loyer, factures, nourriture, soins médicaux…  On les appelle les "poor workers". Ce mot venu des États-Unis veut dire "travailleurs pauvres". Malgré leur salaire, ces personnes sont donc parfois obligées de se tourner vers les associations qui proposent des aides : des repas et des vêtements à petits prix, des colis alimentaires, des tickets de spectacle à prix réduit… Pour mieux comprendre ce qu’est la misère, pour montrer sa solidarité et pourquoi pas, agir avec les différentes associations qui luttent contre la pauvreté, rendez-vous avant et après le 17 octobre qui est la journée mondiale du refus de la misère. Différentes activités (rencontres, conférences, films, fêtes, parade de lanternes…) sont organisées un peu partout en Belgique. Pour en savoir plus : www.atd-quartmonde.be; www.mouvement-LST.org,


Quelques chiffres

14,7% de la population belge est pauvre. C’est plus que chez nos voisins : 10 % aux Pays-Bas, 13 % en France et en Allemagne, 14 % au Luxembourg.
1 travailleur sur 10 vit sous le seuil de la pauvreté à Bruxelles.
338 933 personnes sont qualifiées de surendettées (en 2007).
6 % de la population est en retard de deux mois ou plus dans le paiement de ses factures de gaz, électricité, eau, loyer…
12 000 personnes vivent dans un camping ou un parc résidentiel. La majorité parce que les loyers sont trop chers.


Tapori et sa lettre

Tapori est un lien entre les enfants du monde entier qui s’engagent, là où ils vivent, pour que tous les enfants aient les mêmes chances. Une revue appelée La lettre de Tapori leur permet de rester en contact. Ils y trouvent des nouvelles des enfants du monde entier, des histoires vraies, des projets pour faire reculer la misère... Elle est envoyée, à la maison, avec l’accord des parents. Rens : www.tapori.org 

 

 

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