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Actualité des jeunes

Le travailleur : un être humain, pas un outil

Le 7 octobre dernier, des rassemblements de travailleurs, de syndicats, de différentes organisations… se dont déroulés un peu partout dans le monde. C’était la Journée mondiale pour le travail décent. En Belgique et ailleurs, ils ont même tapé sur des clous avec des marteaux. Une manière symbolique de faire entrer dans toutes les têtes, notamment dans celles des dirigeants, le message suivant : les conditions de travail se dégradent, il faut agir pour le travail décent. En d’autres mots, plus penser à l’être humain.

Quand on parle de travail décent, la plupart d’entre nous pensent aux travailleurs des pays du Sud qui bossent dans de mauvaises conditions, qui sont mal payés, mal traités… Mais, dans les pays riches aussi les conditions de travail se détériorent ces derniers temps. Parfois, ces conditions sont telles que des drames arrivent. On l’a encore vu récemment avec le suicide de deux travailleurs de France Télécom. Ils étaient les 23e  et 24e  travailleurs de cette entreprise à se donner la mort en deux ans.


Dans le monde

Pour pouvoir se nourrir, se loger, élever ses enfants (les envoyer à l’école, les habiller, les soigner…), il faut de l’argent. Pour la majorité des gens, le seul moyen d’en avoir, c’est de le gagner en travaillant. Le travail est d’ailleurs un droit inscrit dans la Déclaration des Droits de l’Homme. En effet, celle-ci dit : "Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes". Mais ce n’est pas parce que c’est un droit que tout le monde… en bénéficie. Ainsi, actuellement, le monde compte près de 200 millions de chômeurs sur les 3,2 milliards de personnes en âge de travailler. Un chiffre qui pourrait encore gonfler d’ici la fin de l’année, suite aux conséquences de la crise économique et financière. D’autre part, ce n’est pas parce qu’on travaille qu’on gagne correctement sa vie. Ainsi, la moitié des travailleurs dans  le monde gagne moins de 2 euros par jour.  Pire, 12,3 millions d’hommes, de femmes et d’enfants travaillent comme des esclaves. Autrement dit, ils sont forcés de travailler, sans être payés ou peu. Ils travaillent souvent dans des conditions dangereuses pour leur santé, leur sécurité ou leur vie. Tantôt c’est l’État, tantôt un groupe militaire ou encore des individus qui obligent ces personnes à travailler contre leur gré dans des mines, des ateliers, des champs… ou dans les maisons (comme domestiques).


Chez nous

Dans les pays du Nord aussi, les travailleurs doivent faire face à des difficultés. Dans l’Union européenne, par exemple, beaucoup  de jeunes ont des contrats temporaires, c’est-à-dire qu’ils sont engagés pour une courte période  (une semaine, quelques mois, une année). Difficile de faire des économies, des projets… quand on ne sait pas si on va retrouver du travail après. D’autres sont obligés d’accepter des petits boulots, de travailler à mi-temps, à quart-temps… Dans nos pays riches, on utilise d’ailleurs de plus en plus l’expression anglaise «poor workers», c’est-à-dire travailleurs pauvres ». Autrement dit, ce sont les travailleurs dont le salaire ne suffit pas pour vivre. Les "poor workers" représenteraient 45% de l’ensemble de la population active, soit ceux qui sont en âge de travailler. L’augmentation du chômage, la peur de perdre son emploi… obligent des travailleurs à renoncer à certains droits, à accepter de travailler plus pour le même salaire, à accepter un autre poste…
Pourquoi les conditions de travail se dégradent-elles ? C’est notamment à cause des grands changements économiques dans le monde. La mondialisation - qui s’est développée grâce à Internet - a notamment favorisé le commerce international et donné naissance à des grandes entreprises multinationales. Le but de ces entreprises est de gagner le plus d’argent possible. Pour cela, elles s’installent dans les pays où les salaires sont très bas, où les travailleurs n’ont pas ou peu de droits, où les syndicats, donc les organisations qui défendent les droits des travailleurs sont interdits… C’est ce qu’on appelle les délocalisations. Ces entreprises mettent en quelque sorte les travailleurs du monde entier en concurrence pour obtenir un emploi. Ainsi, pour éviter les délocalisations, les travailleurs acceptent une diminution de leur salaire, la perte de certains de leurs droits… La crise (économique, financière…) qui secoue le monde depuis près de deux ans aggrave la situation. Résultat : dans les usines comme dans les bureaux, de plus en plus de travailleurs souffrent parce qu’ils ont trop de travail, ne sont pas respectés, sont stressés…


Agir

Pour que les conditions de travail et donc de vie s’améliorent ici et ailleurs, des organisations internationales (syndicats et ONG) défendent ce qu’on appelle le travail décent. Autrement dit, un travail qui permet au travailleur de vivre correctement. Concrètement, cela veut dire un salaire suffisant pour se nourrir, se loger, s’habiller, se soigner, élever ses enfants, avoir des loisirs... Mais un travail décent, c’est aussi la possibilité pour les travailleurs de s’organiser, de bénéficier de la sécurité sociale (en cas de maladie ou de perte d’emploi), de pouvoir discuter avec les patrons, les syndicats… Le but : faire en sorte que les travailleurs du Nord comme du Sud ne soient plus considérés comme des outils qui permettent à certains de s’enrichir. Le 7 octobre de chaque année, une "Journée mondiale du travail décent" le rappellera. Chez nous, les actions, manifestations… pour le travail décent sont menée par la Campagne 11.11.11 et une série d’organisations et syndicats. Ils invitent ceux qui veulent agir à signer la pétition sur www.enfoncerleclou.be.

Plus d'infos : www.travaildecent.be.

 

 

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