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Depuis le 9 juillet, le monde compte donc 193 pays. Pour le continent africain, il s’agit du 54e. Le Sud-Soudan, c’est le résultat de la division du Soudan en deux. Entre le 9 et le 15 janvier de cette année, la population du Sud-Soudan a en effet voté en faveur de l’indépendance de sa région.
Le Soudan était le plus grand pays africain. C’était aussi un jeune pays puisqu’il a été créé en 1956. Mais des années de guerre entre le nord et le sud du pays ont mis fin à cet Etat. Pourquoi ? Dès la création du Soudan, il y a eu des problèmes entre le nord et le sud. Dès le départ, la région du Sud-Soudan voulait plus d’autonomie. En d’autres mots, elle voulait pouvoir prendre elle-même certaines décision au lue de toujours devoir dépendre de la capitale Khartoum.
Deux guerres ont tout détruit
En 55 ans d’existence, le Soudan n’a connu que quinze années de paix. Deux guerres civiles (c’est-à-dire deux guerres à l’intérieur du pays) ont véritablement détruit le Soudan. Le 2e conflit (entre 1983 et 2005) a fait 2 millions de morts, soit 1/5e de la population belge. Par ailleurs, quatre millions de personnes ont aussi fui la guerre. Elles ont tenté de trouver refuge soit dans d’autres régions du pays, soit dans les pays voisins.
C’est à la fin de cette seconde guerre civile, en 2005, qu’un cessez-le-feu (soit un arrêt du conflit) a été signé. Il avait alors été prévu d’organiser un referendum sur l’avenir du Sud-Soudan. Qu’est-ce que cela signifie ? Un referendum est une question à laquelle l’ensemble d’une population doit répondre. Cette question était : êtes-vous pour l’indépendance de la région du Sud-Soudan? Une question qui a été posée à la population du sud, mais pas du nord du pays. Ce referendum a donc eu lieu au mois de janvier dernier. 99% des personnes interrogées ont dit qu’elles étaient en faveur de l’indépendance du Sud-Soudan. Cette indépendance est donc officielle ce 9 juillet.
Un pays divisé en deux cultures
Pourquoi existe-t-il tant de tensions entre le nord et le sud du Soudan ? En fait, il existe de profondes différences entre le nord et le sud du pays. Ainsi, la population du nord est plutôt arabe et musulmane. Tandis que celle du sud est chrétienne et animiste. Les animistes pratiquent l’animisme, soit une croyance selon laquelle chaque chose (animaux, objets, pierres…) possède une âme. Pendant, la seconde guerre civile, de nombreuses personnes du sud du pays ont été forcées de se rendre dans le nord du pays. Certaines d’entre elles y furent réduites à l’esclavage. Cela explique également pourtant, les populations des deux régions ont beaucoup de mal à s’entendre.
Autre élément qui sépare le nord et le sud : le pétrole. A cause de la guerre notamment, il est bien difficile d’estimer les réserves en pétrole du Soudan. Une chose est certains : la partie sud du pays possède les plus grandes réserves (on parle de 80%) tandis que c’est dans la partie nord que se trouvent les industries pour exploiter cette ressource naturelle. Comme le pétrole est essentiel pour la richesse des deux régions, elles n’ont donc pas le choix: elles devront obligatoirement s’entendre sur le sujet.
Malgré tout, les tensions continueront bien d’être présentes. En effet, certaines zones très riches en pétrole se trouvent sur la frontière entre le nord et le sud. A cause de cela, la frontière entre les deux nouveaux pays n’a pas été fixée de manière précise. Le pétrole est également à l’origine d’un autre conflit au Soudan, celui du Darfour. Mais les difficultés dues au Darfour ne se mêlent pas à celles entre le Nord et le Sud-Soudan.
Un pays à reconstruire
Ces nombreuses années de guerre ont fait beaucoup de ravages. Les conflits ont aussi empêché la région de se développer. Ainsi, au Sud-Soudan, il n’y a que quelques dizaines de kilomètres de routes praticables pour les voitures. C’est très peu. Au-delà, des routes, c’est tout un pays qu’il va falloir reconstruire. Des écoles, des hôpitaux... Pour cela, le futur pays pourra compter sur l’argent du pétrole. Mais pas seulement. Le Sud-Soudan va aussi devoir varier son activité économique.
Autre grande difficulté auquel le nouveau pays va devoir faire face : le développement de l’agriculture. Pour cela, il faut de l’eau, qui manque dans cette région désertique de l’Afrique. Et pourtant, à travers du Sud-Soudan, coule un fleuve appelé Nil blanc. Ce fleuve peut permettre de redémarrer les activités agricoles typiques de la région : le coton, les cacahuètes, le blé, la canne à sucre, la banane… Mais pour cela, les Soudanais du Sud devront irriguer leurs terres, c’est-à-dire dévier les eaux du fleuve pour arroser les terres arides.
Damien Roulette
Quelques chiffres…
Le nouvel Etat du Sud-Soudan aura pour capitale Juba. Sa population est d’environ 8 millions d’habitants (pour 11 millions à la Belgique) et sa superficie de 590 000 km² (soit près de 20 000 fois la Belgique). Les pays qui entourent le nouveau pays sont au nombre de six : le Soudan, l’Ethiopie, la République centrafricaine, le Kenya, l’Ouganda et la République démocratique du Congo.






