
Depuis quelques années, la Grèce est en crise. Son porte-monnaie est vide, le pays n’a plus d’argent. Pire encore, elle va devoir beaucoup rembourser à l’Union européenne et au Fonds monétaire international. Cette situation fait du mal aux Grecs, ils sont en colère.
La Grèce compte environ 11 millions d’habitants, l’équivalent de la Belgique, pour une superficie de 131 000km² (soit 4 fois notre pays). Sa capitale est Athènes. Le pays se situe au bord de la Méditerranée. Au nord, la Grèce possède 4 voisins : l’Albanie, la Macédoine, la Bulgarie et la Turquie.
La colère grecque
Depuis 2 ans maintenant, les Grecs manifestent souvent dans les rues d’Athènes et des autres villes du pays. Ils sont en colère contre leur gouvernement. Ils souffrent car l’économie du pays va mal, très mal même. La Grèce est en train d’appliquer ce que l’on appelle une politique d’austérité. En deux mots, cela signifie qu’elle supprime des emplois et augmente les taxes que les habitants doivent payer à l’Etat. Conséquence : dans les magasins, les produits deviennent plus chers alors que la population a moins d’argent. Et le nombre de personnes sans emploi (c’est-à-dire le taux de chômage) augmenterait également.
Mais pourquoi la Grèce applique-t-elle l’austérité ? En fait, les problèmes économiques du pays ne datent pas d’hier. Il faut même remonter jusqu’en 1999 pour comprendre l’origine des problèmes que connait actuellement la Grèce. A l’époque, les pays qui veulent adopter l’euro comme monnaie (et donc abandonner leur monnaie nationale) passent une sorte d'examen. Un des objectifs et de regarder si les finances du pays se portent bien. A ce moment-là déjà, la Grèce n’allait pas très bien. Malgré cela, les autres pays européens ont fermé les yeux. Ils pensaient qu’avec l’arrivée de l’euro, la situation de la Grèce allait s’améliorer.
En 2001, la Grèce est donc rentrée dans la zone euro, comme la Belgique l’avait fait en 1999. Chez nous, avec l’arrivée de l’euro, le franc belge a disparu. Alors qu’en Grèce, c’est la drachme qu’il faut oublier. En 2011, 17 pays (voir ci-dessous) utilisent cette monnaie unique. Ça facilite les voyages mais aussi les échanges commerciaux.
Les banques en faute et la Grèce a menti
Mais revenons à la Grèce. Pourquoi ce pays rencontre-t-il de telles difficultés ? Les premières responsables sont en fait les banques installées dans le pays. Normalement, une banque ne fait que prêter de l’argent aux gens et aux entreprises. Or, ces banques se sont mises en danger en proposant des produits risqués. Elles ont même pris trop de risques et le système bancaire grec s’est effondré. Face à une telle situation, il faut absolument réagir. Si les banques n’ont plus d’argent alors les entreprises et les citoyens ne peuvent plus emprunter. Tout le système se bloque et il devient impossible de trouver de l’argent. De plus, si une banque s’effondre, les gens qui y ont mis leur argent en banque (on dit aussi qu’ils ont placé leur argent) ne le récupèreront pas.
La Grèce a donc donné de l’argent à ces banques, beaucoup d’argent même pour empêcher qu’elles ne s’écroulent. Conséquence : l’Etat grec est devenu très fragile car il avait moins de moyens financiers. Dans les années qui ont suivi, il a donc fallu trouver de l’argent afin d’être plus fort. Pour un pays, il y a deux solutions : supprimer des emplois et/ou augmenter les impôts, que l’on appelle aussi les taxes. Cela a pour conséquences que moins de personnes travaillent alors que la vie coûte plus chère. Les pauvres deviennent donc plus pauvres.
Un autre moyen pour un pays d’obtenir de l’argent est d’en emprunter à des banques, à d’autres pays (ou à un ensemble de pays comme l’Union européenne) ou encore, à des institutions comme le Fonds monétaire internationale (FMI). Le FMI c’est en quelque sorte le médecin de l’économie mondiale : il fait attention à ce que les pays se portent bien et vient aussi en aide aux pays en difficultés.
Progressivement, la situation de la Grèce est donc devenue très inquiétante. Or, si un pays de la zone euro a des difficultés, cela peut avoir des conséquences sur les autres pays qui ont adopté l’euro. Malheureusement, les autres pays de la zone euro n’ont pas vu les problèmes grecs! Pourquoi? Tout simplement parce que la Grèce a triché… Elle a menti sur ses vrais comptes, elle a caché son déficit et sa dette.
En 2008, la crise mondiale
Arrive l’année 2008 et la crise économique mondiale. Cette fois, tout le monde est concerné. La Grèce, déjà en difficultés, va entrer en récession. Cela signifie que le pays produit moins de richesses qu’il ne dépense d’argent. En d’autres mots, la Grèce vit au-dessus de ses moyens.
L’Etat grec va alors appeler l’Union européenne (UE) et le FMI au secours. Un appel qui vient très tard. Peut-être même trop tard… mais cela seul l’avenir pourra nous le dire. L’UE et le FMI vont mettre au point un plan d’aide. En échange, la Grèce doit promettre de faire d’importantes économies. Elle va approfondir son plan d’austérité. Cela fâche encore plus les habitants grecs qui ne comprennent pas pourquoi ils devraient souffrir alors que ce sont les banques qui sont responsables de cette crise.
Un autre acteur est également entré en jeu : ce sont les agences de notation. De quoi s’agit-il ? De groupes indépendants qui ne dépendent ni des pays, ni des institutions officielles et qui évaluent la situation financière d’un pays. Ces agences notent chaque pays en fonction de leur situation. Ainsi, plus la note d’un pays est basse, plus le pays devra payer pour rembourser. Dans le cas de la Grèce, les agences ont plusieurs fois baissé sa note. Cela complique beaucoup la situation pour le gouvernement grec. Cela prendra donc des années avant que la Grèce ne puisse rembourser totalement les sommes qu’on lui a prêtées.
Quel futur ?
Que va-t-il se passer à l’avenir ? Deux scénarios sont possibles. Le premier : la Grèce reste dans la zone euro. L’UE pourrait ainsi l’aider à se relever. Mais, la condition serait qu’un ou plusieurs autres pays (comme l’Espagne ou le Portugal) ne connaissent pas de problème. Si c’était le cas, cela pourrait être une catastrophe. Une deuxième possibilité sera de voir la Grèce abandonner l’euro et reprendre son ancienne monnaie : la drachme. Mais cela pourrait avoir des conséquences dramatiques pour la zone euro. L’euro pourrait en effet purement et simplement disparaître. A suivre, donc…
Damien Roulette
Les 17 pays de la Zone euro actuellement sont : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la France, la Finlande, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal (depuis 1999) ; la Grèce (depuis 2001) ; la Slovénie (depuis 2007) ; Chypre et Malte (depuis 2008) ; la Slovaquie (depuis 2009) et l’Estonie (depuis début 2011).






